Mardi 28 Janvier, 2020

JAH NESTA est de retour : « on ne quitte jamais la musique ! »

JAH NESTA est de retour. Photos et video : Estailove St-Val/LoopHaiti

JAH NESTA est de retour. Photos et video : Estailove St-Val/LoopHaiti

La Noel est une période de célébrations et de festivités. C’est aussi le moment de grandes retrouvailles, de belles et d’intéressantes surprises.

Si des membres de la famille ou des amis dont on n’a pas eu vent depuis des lustres peuvent traverser des centaines de milliers de kilomètres pour venir sonner à la porte durant cet espace, pourquoi des artistes, terrés dans le silence et à l’étranger pendant un long moment, ne pourraient-ils pas, eux aussi, en profiter pour signer leur grand retour pour le bonheur de leurs fans ?

Qui en Haiti ne se souvient du groupe Jah Nesta et ses opus, dont les plus connus « Solda Jah », « Vini Avè M », « Kè Kal Manman » ? Après plusieurs années sabbatiques, Jah Nesta vient de signer son grand retour sur scène.

C’est à l’occasion de la première édition du concert Jah Fest, au Kiosque Oxyde Jeanty, sur Champs-de-Mars, que le Haitian Reggae Group a performé pour la première fois, le 16 décembre 2017 pour marquer son comeback.

 

Ils ont partagé le « stage » avec de grandes figures du secteur culturel et artistique d’Haiti dont Princesse Eud, J-Perry, Niska, Vwadèzil, Youri Vixamar, Samba Zao, Keke Bélizaire, Gardy Girault, Fabrice Rouzier, Daddy Beaubrun et l’animateur de spectacle, Junior Rigolo.

 

Alors que plus d’un croyait qu’il avait passé l’éponge sur leur carrière musicale, Alain Muraille (Jah Nesta), chanteur leader du groupe basé à Miami, de passage à Chokarella, déclare qu’« on ne quitte jamais la musique ».

« Tant que la musique continue à nous faire vibrer, tant qu’il y a des messages, on ne quitte jamais la musique », tente-il de assurer tout en reconnaissant que l’aspect pratique du milieu n’est pas à négliger, déjà que le secteur musical, en constante évolution, se fait de plus en plus capricieux.

Le silence de Jah Nesta, après ses trois albums, a coïncidé avec la baisse considérable qu’a connue la musique Reggae en Haiti. Et beaucoup ont tendance à rendre l’auteur de « Rebèl » responsable de ce fait. Alain Moraille ne rejette pas les accusations. Au contraire, il « accepte le blâme », mais il s’explique.

Jah Fest

Arrivé à un certain moment, « je me suis senti désemparé », avoue-t-il. Et selon lui, il n’y a pas que l’artiste. Le promoteur, les sponsors, tous doivent jouer leur rôle afin de permettre l’avancement du mouvement, sinon « il est très difficile de travailler avec les ongles […] »

« L’artiste doit vivre de ses œuvres »

Les artistes reçoivent beaucoup d'amour mais les gens ont toujours tendance à oublier que de la même manière que celui qui produit les cannettes de lait doit vivre des revenus de son produit, « l’artiste, aussi, doit vivre de ses œuvres ». Or, les gens te demanderont un CD comme si ce dernier était juste un produit promotionnel, se plaint Moraille.

En plus, leur troisième album « Rebèl », selon Alain Moraille, « le plus mature » d’entre les trois, avec le plus de variété, de couleurs et les meilleurs textes, a été celui à avoir connu le moins de succès.

 

Très probablement, a-t-il annoncé au moment de la promotion du Jah Fest,  pour les prochains mois, les fans pourront délecter d’autres œuvres de Jah Nesta. Quant au concert Jah Fest, quoique lourd en organisation pour la bande basé à Miami, ils souhaitent en offrir au moins un tous les ans aux fans du groupe et de sa musique.

C’est pour la énième fois que la bande fait un « grand retour ». En décembre 2011, ils avaient annoncé officiellement leur comeback après plusieurs mois d’accalmie. Trois jours de concert – 2, 3, 4 décembre 2011 -, avaient été organisés pour marquer l’occasion. Cette fois-ci, c’était le 16 décembre, sur champs-de-Mars, que l’évènement a eu lieu.

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