Dimanche 16 Décembre, 2018

Iran: 24 morts dans un attentat, Téhéran accuse un régime allié de Washington

Vingt-quatre personnes, dont des femmes et des enfants, ont été tuées samedi dans une attaque contre un défilé militaire dans le sud-ouest de l'Iran pour lequel Téhéran a accusé un "régime étranger" soutenu par Washington.

Il survient dans un climat de tensions très fortes entre l'Iran et les États-Unis, qui s'apprêtent à intensifier début novembre leurs sanctions contre la République islamique.

"Des terroristes recrutés, entraînés et payés par un régime étranger ont attaqué Ahvaz [...] L'Iran considère que les parrains régionaux du terrorisme et leurs maîtres américains sont responsables de telles attaques", a écrit le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif sur son compte Twitter.

"L'Iran réagira rapidement et fermement pour défendre des vies iraniennes", a encore mis en garde M. Zarif sur Twitter.

"Le nombre des martyrs tués dans l'attaque terroriste s'élève à 24, dont des femmes et des enfants parmi les spectateurs, et ce bilan pourrait empirer dans la mesure où les blessés sont dans un état critique", écrit l'agence officielle Irna.

"Parmi les martyrs, il y a une fillette et un ancien combattant qui a été tué sur sa chaise roulante", a déclaré le général de brigade Abolfazl Shekarchi, porte-parole des forces armées iraniennes, sur la télévision d'État.

Cité plus tôt par l'agence semi-officielle Isna en début d'après-midi, Ali-Hossein Hosseinzadeh, vice-gouverneur de la province du Khouzestan, avait indiqué qu'un journaliste et "huit ou neuf militaires" figuraient parmi les morts.

"Ceux qui ont ouvert le feu sur les gens et les forces armées sont liés au mouvement al-Ahvazieh", a déclaré Ramezan Sharif, porte-parole des Gardiens de la Révolution cité par Isna.

L'attentat a eu lieu alors que l'Iran marque la Journée nationale des forces armées, qui commémore chaque 22 septembre le déclenchement, par Bagdad, de la guerre Iran-Irak (1980-1988) et la résistance de la "défense sacrée" iranienne lors de cette "guerre imposée", selon la phraséologie officielle.

- Valeur de nos missiles -

Le 7 juin 2017, des hommes armés et des kamikazes avaient attaqué le Parlement et le mausolée de l'imam Khomeiny à Téhéran, faisant 17 morts et des dizaines de blessés, les premières attaques revendiquées par le groupe État islamique (EI) en Iran.

Accusé par Washington de déstabiliser le Moyen-Orient, l'Iran est dans le collimateur des Etats-Unis depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump qui a rétabli des sanctions contre Téhéran et annoncé son retrait de l'accord international de 2015 sur le nucléaire iranien.

Dans un discours à Téhéran samedi peu avant l'annonce de l'attentat, le président iranien Hassan Rohani a déclaré que son pays augmenterait "jour après jour" ses "capacités défensives", faisant référence aux missiles que développe son pays et qui inquiètent les Occidentaux.

"Le fait que vous soyez en colère contre nos missiles montre que ce sont nos armes les plus efficaces", a-t-il ajouté, "grâce à ce que vous avez dit, nous connaissons désormais la valeur de nos missiles".

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