Samedi 26 May, 2018

Interdiction de Sweet Micky: Martelly répond et attaque Youri Latortue

Michel J. Martelly, ancien président d'Haïti, s'en prend à Youri Latortue pour ses "coup bas". Photo: Facebook Michel Martelly

Michel J. Martelly, ancien président d'Haïti, s'en prend à Youri Latortue pour ses "coup bas". Photo: Facebook Michel Martelly

Michel Martelly ne fait généralement pas dans la demi-mesure. Et il aime le rappeler comme trait de tempérament à chaque prise de parole publique. Ce mercredi, une fois de plus, il l’a montré sur les ondes de Radio Scoop Fm dans une opération médiatique musclée contre celles et ceux qu’il qualifie de « traitres », « corrupteurs », « lesbiennes » et « fossoyeurs » de la république.

Par téléphone, il intervenait à l’émission de libre-tribune « Haïti Débat », animée par les analystes politiques Garry Pierre Paul Charles et Marco Jean Presimond. « Les Haïtiens sont les premiers destructeurs d’Haïti », attaque frontalement Michel Martelly. « Certains se regroupent en réseau pour entraver l’avancement du pays », continue-t-il, voix enraillée.

Ces dernières semaines, l’ancien président a subi en silence les matraques d’un ensemble d’associations et de particuliers, dans plusieurs villes haïtiennes, dénonçant son comportement et ses propos jugés « abjectes » et « irrévérencieux ».

« Rien ne peut modifier mon comportement. D’ailleurs, « ces lesbiennes, voleurs ne peuvent s’arroger le droit de me faire la morale », a-t-il indiqué.

Sur la question de son expulsion du carnaval de l’Indépendance aux Gonaïves, Martelly rejette sur le sénateur Youri Latortue une partie de la responsabilité. « Youri Latortue n’est pas sérieux, il est un traitre », fulmine l’ancien président de la République, avant de souligner que Youri Latortue a une mainmise sur l’administration communale et qu’il aurait du agir différemment vu leur amitié depuis les années 80s et 90s.  

« Youri m’a donné rendez-vous au sujet de ma participation à ce carnaval, il n'est pas venu ce jour-là », regrette Martelly, soulignant qu’il détient aujourd’hui une plus haute estime pour le sénateur Joseph Lambert par rapport à son collègue Youri Latortue qui a toujours été un frère pour lui, un « gentleman » à ses yeux.

Pour m’éclabousser, Youri Latortue s’associe à Pierre Esperance du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), à Liliane Pierre-Paul, à Jean Monard Metellus. Ce, dans l’objectif de fomenter des allégations mensongères sur ma personne. « Si Youri Latortue veut devenir candidat aux prochaines élections présidentielles, il pouvait toujours m’en informer parce que je n’ai pas encore déclaré ma candidature », commente-t-il.

Martelly ajoute qu’il était prêt à se courber devant les restrictions des autorités municipales. « Aux Gonaïves, les autorités pouvaient m’interdire de débiter des insanités. En cas de dérogation à la règle, je me plierais à tout type de décision ». Je croyais en Youri Latortue, je faisais appel à ses conseils mais il a oublié « se kolòn ki bat », explique-t-il.

À la mi-temps, Youri Latortue a rejoint le podium de « Haïti Débat », mais Michel Martelly était déjà parti. Le sénateur a précisé qu’un tac au tac lui aurait apparu nul et sans avenue, il souhaiterait apporter des préciser utiles.

D’entrée de jeu, le sage postule qu’il n’a jamais été de ceux qui plient l’échine face à Martelly. « Je lui disais les choses en face », sermonne-t-il, disant qu’il n’a jamais baissé pavillon en présence de qui que ce soit.

Au sujet du carnaval de l’Indépendance qui aura lieu ce week-end autour du thème : « An nou mete men pou yon lòt Gonayiv », Youri Latortue n’a pas démenti l’information qu’il devait rencontrer l’ancien président Michel Martelly pour une probable participation aux festivités carnavalesques dans la cité de l'Indépendance.

Dans la nuance, Youri indique qu’il a informé Michel Martelly du statu quo et rejette du même coup les propos de ce dernier faisant de lui quelqu’un qui a une mainmise sur l’administration communale. Ce sont des paroles qui prêtent à équivoque, souligne-t-il.

« Vu la situation qui prévaut, j’ai conseillé au président Martelly de ne pas mettre les pieds aux Gonaives », a avancé l’élu de l’Artibonite, regrettant tous les malentendus que ce dossier a pu soulever.

24 janvier, le comité du carnaval de l’Indépendance aux Gonaïves a pris la fâcheuse décision d’écarter Michel Martelly et son groupe Sweet Micky du défilé carnavalesque qui doit avoir lieu les 2, 3 et 4 février prochain. Cinq jours plus tard, le Conseil municipal de Jacmel a emboité le pas en interdisant la participation de la bande à Martelly au carnaval de Jacmel de 2018. Ce jeudi 1er février, le Collectif des citoyens de Port-au-Prince a annoncé la tenue d’un sit-in devant la Mairie de Port-au-Prince pour exiger la mise à l'écart de Sweet Micky du Défilé Carnavalesque à Port-au-Prince.

En apparence, le temps joue des mauvais tours à l’ancien président Michel Martelly, proclamé Roi du carnaval national à un moment de la durée. Tan ale, tan pa tounen