Vendredi 6 Décembre, 2019

Interdiction de départ contre Renel Nelfort et Woodly Ethéart

Les deux présumés kidnappeurs Renel Nelfort AKA Renel Le Récif et Woodly Ethéart dit Sonson la Familia

Les deux présumés kidnappeurs Renel Nelfort AKA Renel Le Récif et Woodly Ethéart dit Sonson la Familia

Quelques jours après avoir émis un mandat d'arrêt contre les présumés kidnappeurs Renel Nelfort AKA Renel Le Récif et Woodly Ethéart dit Sonson la Familia, le commissaire du gouvernement prés le tribunal de première instance de Port-au-Prince Paul Eronce Villard vient d'émettre une interdiction de départ contre les concernés.

En effet, dans une lettre adressée au directeur de l'Immigration et de l'Emigration Joseph Cianciulli, le chef du parquet demande à ce dernier de prendre toutes les mesures afin que les deux hommes susmentionnés soient interdits de quitter le territoire haïtien "par voies aérienne, maritime et terrestre". Nelfort et Ethéart, selon le commissaire du gouvernement, sont visés par des "présomptions graves d'enlèvement, et séquestration contre rançon, traffic illicite de stupéfiants, blanchiment des avoirs, association de malfaiteurs et détention illégale d'armes à feu". 

Le parquetier a ainsi décidé environ quatre semaines après l’arrêt-ordonnance rendu par la Cour d’appel de cette juridiction relative à cette affaire et plus d’un an après l’arrêt de la Cour de Cassation cassant le jugement du très controversé juge Lamarre Bélizaire qui avait libéré les deux  hommes au cours d’un procès qualifié d’expéditif par le secteur des droits humains en avril 2015.  

Sonson La Familia et Renel Le Récif étaient qui circulaient à travers tout le pays en toute quiétude sont désormais dans le viseur de la justice. Ils ne pourront plus circuler comme autrefois. A la suite de la décision du chef du parquet de Port-au-Prince d'ordonner aux agents de la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) d’appréhender ces présumés criminels et de les emmener en prison, voilà qu'il exige qu'il leur soit interdit de quitter le territoire.

Sonson La Familia et Renel Le Récif étaient jugés pour des faits d’enlèvement et de séquestration, de blanchiment des avoirs, de trafic illicite de drogue, d'assassinat et d'association de malfaiteurs. Ils avaient été blanchis par le juge Lamarre Bélizaire qui a avancé des motifs d’insuffisance de preuves et de charges.

Le magistrat avait également ordonné « la levée de tous les scellés apposés sur les immeubles des accusés et la levée de l’interdiction de départ émise à l’encontre de Woodly Ethéart.

Avant l’expiration du délai d’exécution de ce jugement, le  ministère public a exercé un pourvoi devant la cour de Cassation. L’instance suprême a rendu un arrêt trois ans plus tard, soit en mai 2018 et annule la décision du juge Lamarre Bélizaire et a ordonné que l’affaire soit entendue devant le même tribunal avec une autre composition.

D’après la loi, le parquet était dans l’impossibilité de donner suite à la décision de la plus haute instance judiciaire du pays pas avant que toutes les voies de aient été épuisées.

D’autres personnes ayant intérêt dans cette affaire avaient exercé un recours auprès de la cour d’appel contre la décision du juge Lamarre Bélizaire qui avait ordonné au ministère public de « prendre toutes les dispositions nécessaires pour faire ce que de droit au sujet des autres personnes dont les noms figurent dans l’ordonnance de clôture du magistrat instructeur».

Le 18 juillet dernier, la cour d’appel de Port-au-Prince a rendu son arrêt-ordonnance recommandant  que des instructions formelles et nécessaires puissent avoir lieu dans le cadre de ce dossier. Elle a ainsi ordonné que Woodly Éthéart alias Sonson La Familia, Renel Nelfort alias Renel Le Récif, soient recherchés et conduits au Parquet.

C’est justement sur la base de cet arrêt-ordonnance que le chef de poursuite  a émis ce mandat d’arrêt  contre ces présumés criminels pour des faits d’enlèvement et de séquestration contre rançon, trafic illicite de stupéfiant, blanchiments des avoirs, association de malfaiteurs et détention illégale d’arme à feu.

Rappelons que le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) avait ordonné en novembre 2017 la révocation de sept juges dont Lamarre Bélizaire  pour fautes administratives graves à la  suite d’un vetting qui avait été  réalisé par l’organe régulateur de l’appareil judiciaire  sur le fonctionnement de la magistrature.

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