Dimanche 15 Décembre, 2019

Haïti-Transport : des syndicalistes font planer la menace d'une grève

La cohorte des véhicules de transport en commun stationnés au Portail de Léogâne le vendredi 23 août 2019. Crédit Photo: Pascale Solages.

La cohorte des véhicules de transport en commun stationnés au Portail de Léogâne le vendredi 23 août 2019. Crédit Photo: Pascale Solages.

Des syndicalistes du secteur de transport menacent d'entrer en grève si rien n’est fait pour améliorer le climat sécuritaire le long des routes nationales, notamment à Martissant. Changeux Méhu, responsable de l'Association des Propriétaires et Chauffeurs d'Haïti (APCH), annonce que cette mesure sera une réplique face à la passivité de l’Etat sur les autobus détournés par les bandits armés.

Victimes de séquestration contre rançon, de détournement de leurs véhicules, de la saisine de leurs argents et de la confiscation de leurs effets, les syndicalistes de transport en commun se révoltent. Intervenant au micro de Caraïbes FM, le responsable des syndicats de transport, Changeux Méhu, annonce que si rien n’est fait cette semaine, la semaine du 1er au 7 décembre sera une semaine de grève pour le secteur de transport.

« Nous n’exigeons rien de l’Etat qu’un environnement sécuritaire afin que nous puissions poursuivre nos activités et servir la population dans le secteur de transport, si rien n’est fait pour pacifier les routes, les chauffeurs de transports publics entreront en grève dès la semaine prochaine », lance-t-il, répondant mardi aux questions des journalistes de l’émission Matin Caraïbe.

Le syndicaliste qui se sent accablé par la situation d’insécurité, informe que plusieurs véhicules ont été détournés puis saisis par les bandits armés de ‘’Village de Dieu’’ ainsi que ceux de Grand-Ravine. Il raconte qu’il est lui-même propriétaire d’un véhicule de transport confisqué par les détrousseurs. N’ayant pas assez d’argent pour payer la rançon exigée par les ravisseurs, Monsieur Changeux informe qu’il l'a abandonné.

« Jeudi dernier, les bandits ont intercepté un bus assurant le trajet Carrefour-Port-au-Prince. Les syndicalistes ont dû faire une cotisation afin de payer 75 000 gourdes aux ravisseurs pour récupérer le véhicule. 24 heures plus tard, soit le vendredi 22, nous avons dû payer 500 000 gourdes pour récupérer entre leurs mains un véhicule assurant le trajet Jacmel-Port-au-Prince », explique-t-il.

Parallèlement, Changeux informe que des policiers exercent des services déloyaux en protégeant les camions de marchandises qui ont de quoi payer les patrouilles pour les escorter dans les zones rouges. Cependant, cette situation rend vulnérables les chauffeurs de transport qui n’ont pas de quoi payer pour un accompagnement policier afin de se rendre vers le sud.

En espérant qu’une réponse sera donnée au plus vite aux syndicalistes, Changeux Méhu propose au Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN) d’établir des camps pour les unités de polices spécialisées dans les locaux du théâtre national, route du bicentenaire, ainsi que près du Village de Dieu afin de dissuader ces bandits de la 3e circonscription qui dérobent, séquestrent, pillent et tuent.

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