Mardi 23 Avril, 2019

Insalubrité à Delmas 33 : « Je n’en peux plus »

Village Afca, Delmas 33

Village Afca, Delmas 33

Par Justin Gilles

A Delmas 33, entasser de détritus sur les trottoirs est monnaie courante. Affectés dans leurs activités des commerçants de la zone déplorent l’incapacité de la mairie à trouver une solution durable à cette situation.

Au village Afca, situé à Delmas 33 prolongée, le décor est affreux. Assiettes en styrofoam, sachets, linges  sales… jonchent les trottoirs, une situation révoltante, pour les occupants de l’espace. De l'autre côté de la rue, Jean Claude Charlema, détaillant de vaisselles crie son indignation devant cette montagne d’ordures. « J'en peux plus…! C’est inconcevable de transformer cet espace situé à l’entrée de la commune de Delmas en dépotoir », s'indigne le sexagénaire, lequel a le cœur gros de voir des concitoyens fouiller dans les ordures en vue de trouver de quoi vendre.

La poussière, la fumée et l'odeur nauséabonde émanant des amas de détritus gênent la respiration des usagers de la route, et contraignent des riverains à déménager, fait savoir Jean Claude Charlema. Debout devant son étalage, iI dit avoir fait signer une pétition en 2018, exhortant la mairie de remédier à cette situation, une démarche qui reste lettre morte, regrette t-il. Nostalgique de l'Haïti d'antan, il rappelle  que le pays n'a toujours pas eu cette allure dégradante. La propreté des rues sautait aux yeux sous le régime duvaliériste, sans vouloir, dit-il, faire l'apologie du régime, poursuit le père de quatre enfants.

Les ordures s’étalent jusqu’à obstruer l'entrée du marché Dumorné. Leur débordement sur la chaussée crée de l'embouteillage et provoque des cas d'accident, une conséquence de l’inconséquence des autorités concernées, fustige Julio Jean, un jeune marchand de boissons gazeuses.

Timothée Dieulerme, marchand de chaussures, en a marre aussi de côtoyer au quotidien cet amas de détritus. « Ici, l'air est pollué. On ne peut pas  vivre », se révolte le trentenaire qui ne quitte pas des yeux les passants comme pour les attirer à ses marchandises.

 

Quelle solution?

Face à ce problème, la faiblesse de la mairie saute aux yeux, malgré les nombreux efforts de l'équipe municipale. "Toute personne surprise de jeter des ordures sur les trottoirs est passible d'une amande de 25000 gourdes" (soit 308 dollars américains), peut-on lire sur un mur sale, bordé de quelques pneus usagés. Les autorités ont du mal à faire respecter cette mesure, des individus continuent, à longueur de journée, d'y déverser leurs déchets comme bon leur semble.

L'utilisation des camions de ramassage d'ordures est loin d'être la solution

Aussitôt nettoyés, les trottoirs se regorgent d’ordures à nouveau, constate Robert Jean Philippe, jeune ingénieur civil, estimant qu'une issue est possible par la construction d'un dépotoir hors de la voie publique et la réduction considérable de l'importation des assiettes en styrofoam, lesquelles constituent la majorité des ordures.

Alors que les pays développés utilisent d'immondices pour créer de l’énergie, en Haïti, elles ne font que grossir les rangs des personnes souffrant, entre autres, de la malaria. 

Par Justin Gilles

justingilles21@yahoo.fr

Twitter : @JustinGilles4

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