Mardi 24 Novembre, 2020

Inondations au Japon: plus de 200 morts, une gestion du risque à revoir

La ville de Kurashiki sous les eaux après des terribles inondations dans l'ouest du Japon, le 8 juillet 2018

La ville de Kurashiki sous les eaux après des terribles inondations dans l'ouest du Japon, le 8 juillet 2018

Les inondations et glissements de terrain dans l'ouest du Japon ont tué plus de 20O personnes et, tandis que les recherches continuent, surgit la question de l'évaluation du danger face à des phénomènes inédits.

Il s'agit déjà de la plus grave catastrophe météorologique depuis 1982 au Japon et le bilan s'aggrave de jour en jour alors que les chances de découvrir des personnes en vie s'amoindrissent.

Le Premier ministre Shinzo Abe, qui a annulé une tournée dans quatre pays - Belgique, France, Arabie Saoudite, Egypte - s'est rendu mercredi dans la province d'Okayama et prévoit une visite dans une autre région affectée vendredi.

"Nous mettons tout en oeuvre pour rétablir l'électricité et l'eau dans les zones sinistrées", a assuré M. Suga.

- Dilemme -

Les météorologues ont constaté une pluviométrie record en 72 heures dans 118 points d'observation répartis dans une quinzaine de préfectures.

"Nous avons vu ces dernières années des désastres liés à la pluie bien plus meurtriers qu'auparavant. Nous devons revoir ce que le gouvernement peut faire pour réduire les risques", a indiqué mercredi M. Suga.

"La fréquence à laquelle les catastrophes météorologiques ont lieu a augmenté et nous vivons dans un monde où les règles apprises par l'expérience passée ne peuvent plus être appliquées", prévient Hiroyuki Ohno, responsable de l'institut Sabo, qui étudie les glissements de terrain.

Mais les experts pointent aussi du doigt le système d'avertissement japonais, qui confie à des fonctionnaires locaux n'ayant aucune expérience de gestion des catastrophes la décision d'émettre ou non des ordres d'évacuation, lesquels ne sont en outre pas contraignants.

Les autorités locales ont aussi la hantise de dire aux gens de s'en aller pour rien. Du coup, "les réticences à émettre des ordres d'évacuation peuvent créer des retards (…) et si l'avertissement est donné à une heure nocturne, personne ne l'entend", s'inquiète Hirotada Hirose, un expert en gestion des catastrophes.

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