Samedi 20 Janvier, 2018

Indépendance Catalogne : un spécialiste explique la position d’Haiti

Fernando Estime. Photo : Facebook

Fernando Estime. Photo : Facebook

Le Gouvernement haïtien ne pouvait en aucun cas soutenir l’indépendance de la Catalogne, a déclaré le professeur de « Relations Internationales » Fernando Estimé, lors d’une récente entrevue. Pourquoi ? Entre autres raisons, parce que « le royaume d’Espagne est un ami d’Haïti et entre amis, on ne s’envoie pas des missiles balistiques », argumente le spécialiste.

Le Ministère des Affaires étrangères (Mae) de la République d’Haïti s’est prononcé le 29 octobre, dans une notre de presse, pour « déplorer le vote de la déclaration d’indépendance unilatérale de la Catalogne par le Parlement de cette région ».

Cette énième sortie de l'Adminstration Moise-Lafontant a provoqué des réactions de nombreux internautes haïtiens déplorant à leur tour cette position qui, selon le Députe de Delmas, Gary Bodeau, « se positionne du mauvais cote de l’histoire ».Mais il y a certains aspects de la question, d'après Estimé, qui ne sont pas abordés dans cet enchainement de tweets et de post Facebook.

Il est vrai qu’« Haïti a une tradition diplomatique selon laquelle, elle se tient toujours du côté des peuples opprimés voulant faire valoir leur droit à l’autodétermination », a fait savoir l’ancien porte-parole du (Mae). C’est d’ailleurs, selon lui, ce qui pousse tous ces gens à se demander pourquoi cette note et quel intérêt Haiti en tire.

Premièrement, la velléité indépendantiste de la Catalogne n’est que l’expression d’un certain « égoïsme des riches » catalans représentant plus de 20% du PIB espagnol, qui ne veulent plus continuer à payer pour les autres communautés d’Espagne plus pauvres qu’eux », a soutenu le Diplomate, actuel présentateur de l’émission Sans Frontières sur la Rtvc.

« La Catalogne n’est pas un peuple opprimé. Leur culture n’est pas menacée », informe-t-il.

Deuxièmement, d’un point de vue constitutionnel, le referendum catalan était « illégal », même si cela ne justifie pas les violences survenues durant la journée du 1er octobre, fait savoir l’ancien porte-parole du Mae.

En plus, avance Fortuné, non seulement Haïti ne pouvait pas aller à contre-courant de presque toute la communauté internationale prônant une Espagne unie, mais l’Espagne reste l’un de ses plus grands bailleurs de fonds.

Avec cette position, exprimée non seulement par le Président Jovenel Moise et par le Ministère des Affaires étrangères, à travers la note de presse du 29 octobre, Haïti vient de rejoindre la liste des pays comme La France, l’Allemagne, les Etats-Unis, l’Italie, la Belgique, le Canada qui ont manifesté leur soutien à une Espagne unie.

Raoul Junior Lorfils