Importants enjeux et défis pour le nouveau conseil d’administration de la Banque centrale récemment installé

Après une attente de plusieurs mois, le Premier ministre Enex Jean-Charles a installé une nouvelle équipe à la tête de la Banque de la République d’Haïti (BRH) pour une période de trois ans, selon les prescrits de la Constitution.

Le choix de M. Jean Baden Dubois pour être le nouveau Gouverneur de la BRH a été fait par l’ancien Président Michel Martelly. Ancien Directeur général de l’institution, M. Dubois a conservé la confiance du  Président provisoire, Jocelerme Privert, et a obtenu un vote de confiance du Sénat de la République.

M. Dubois sera accompagné au sein du nouveau Conseil de M. Georges Henri Fils, en la position de Vice-Gouverneur, poste qu’il occupa dans la précédente équipe. Mme Georgette Jean-Louis, la seule femme du Conseil, remplacera M. Dubois comme Directrice générale. Elle a une grande expérience dans le domaine financier. Les postes de Conseillers seront occupés par deux économistes reconnus dans le secteur financier, MM. Ronald Gabriel et Fritz Duroseau.

Les membres de la nouvelle équipe auront à faire face à de sérieux défis au cours des trois prochaines années. Responsable de la stabilité de la gourde par rapport aux devises internationales et des prix des biens et services en général, la Banque centrale sera sous la pression de chocs externes subis récemment par l’économie haïtienne.

Au niveau international, l’assistance financière des bailleurs n’a pas cessé de diminuer au cours des dernières années pour se retrouver en dessous de 500 millions de dollars américains. Il faudrait ajouter que le financement du budget de la République à travers le mécanisme du PetroCaribe a connu une chute spectaculaire, passant de plus de 20 milliards de gourdes par an au cours de la Présidence Martelly à quelque 5 milliards de gourdes durant l’exercice fiscal en cours.

Sur le plan local, le manque d’investissements publics et privés causé par l’instabilité politique a affecté la production du pays et donné lieu au creusement du déficit la balance commerciale avec l’accroissement continu des importations du pays. Ces dernières sont estimées à plus de 4 milliards de dollars américains.

Les pressions subies par la monnaie locale sur le marché haïtien des changes ont poussé les responsables monétaires à réaliser une plus grande utilisation des réserves de change du pays qui se retrouvent actuellement à moins de 1 milliard de dollars américains.

La baisse des réserves de change du pays a diminué la capacité de la BRH à supporter la gourde haïtienne en vendant des dollars sur le marché des changes, ce qui a poussé  l’institution monétaire à utiliser d’autres instruments. Certaines mesures adoptées par la BRH ont eu un impact négatif sur les investissements productifs et les emplois et affecté ainsi la production nationale.       

   

     

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