Mercredi 26 Septembre, 2018

Il existe 3 types de zombis en Haiti, selon un anthropologue français

Il existe 3 types de zombis en Haiti, selon un anthropologue français. Photo: congerdesign

Il existe 3 types de zombis en Haiti, selon un anthropologue français. Photo: congerdesign

Philippe Charlier, médecin légiste et anthropologue français, a effectué en Haïti des enquêtes sur le phénomène de zombification. Après ses recherches et travaux de terrain réalisés notamment en interrogeant d’autres chercheurs (neurologues, médecins) travaillant sur la question, Philippe Charlier a réalisé, en collaboration avec le dessinateur Richard Guérineau, une bande dessinée titrée « Les Zombis », dans laquelle il rapporte et fait vivre aux autres cette réalité pourtant considérée par de nombreuses personnes, comme un fantasme.

Dans une entrevue accordée à France 5, le scientifique explique les manières utilisées par des acteurs de la société vaudou pour infliger cette peine « pire que la mort » -, à ces victimes, ces morts sociaux qu’on appelle les « zombis ». Avec l’OBS, en interview Charlier parle, pour expliquer la méthode employée par des tribunaux sociaux du secteur vaudou, de sanctions à l'encontre de ces individus ayant consommé à leur insu, un poison les faisant plonger dans un état de mort apparente, puis dans un état d’hébétude, après « résurrection ».

A la question « Qu’est-ce qu’un zombi, en Haïti » de l’OBS, l’auteur de la bande dessinée répond et en présente trois types :

« Il y a trois grands types de zombis.

1.      Le premier, c'est le zombi toxique, celui dont l'empoisonnement a été décidé par une société secrète (les bizangos, les cochons gris, par exemple) parce qu'on considère qu'il fait du mal à la société. Un violeur, un assassin, un captateur d'héritage, ce genre de choses. Et on va lui dire : "Si tu ne t'arrêtes pas, il va t'arriver quelque chose de pire que la mort." Et être un zombi, en effet, c'est pire que la mort.

 

2.     Le deuxième type de zombi, c'est le zombi psychiatrique. Ce sont des gens qui considèrent qu'ils ont visité le royaume des morts. Ils ont dîné, comme ils disent, avec "Baron samedi" et "dame Brigitte". Cela obéit généralement à des cas de schizophrénie ou d'autres pathologies.

 

3.     Et puis, il y a un dernier cas, qui est le zombi social. Après une catastrophe naturelle (et, malheureusement, Haïti est souvent touché par des tremblements de terre, des raz-de-marée ou des cyclones), le père, la mère ou quelqu'un d'important dans la famille a disparu. Il est remplacé par quelqu'un d'autre. Ici, tout le monde se ment. On fait passer cette personne pour un zombi (quitte à lui créer des fausses cicatrices, changer son prénom, ou lui créer des souvenirs) en sachant très bien que ce n'est ni la personne de la famille ou un zombi. Tout le monde le sait, mais personne ne le dit. C'est un jeu. Et c'est un peu comme "le Retour de Martin Guerre" : le but, c'est de combler le vide d'une personne disparue.»

Note: Une précédente version de cet article affichait une photo retrouvée sur Pinterest. Son utilisation n’a pas été faite selon notre protocole de publication et nous nous en excusons.