Lundi 6 Juillet, 2020

Huit morts dans le premier attentat meurtrier à New York depuis 2001

AFP / DON EMMERT
Des policiers examinent la camionette de l'attentat qui a fait 8 morts à New York mardi

AFP / DON EMMERT Des policiers examinent la camionette de l'attentat qui a fait 8 morts à New York mardi

Le chauffeur d'une camionnette a fauché une vingtaine de cyclistes et passants mardi à Manhattan, faisant huit morts et au moins onze blessés le jour d'Halloween, dans le premier attentat meurtrier à New York depuis 2001.

Le maire de New York Bill de Blasio a rapidement dénoncé un "acte de terrorisme" mais sans parler d'attentat islamiste. Le président américain Donald Trump a lui évoqué sans attendre l'organisation Etat islamique (EI), après avoir dans un premier temps qualifié le conducteur de "malade" et de "déséquilibré".

"Nous ne devons pas permettre à l'EI de revenir ou d'entrer dans notre pays après les avoirs vaincus au Moyen-Orient et ailleurs. Assez!", a tweeté le président originaire de New York, qui a promis une lutte implacable face au terrorisme islamiste.

Plusieurs médias ont indiqué que le chauffeur de la camionnette, un Ouzbek arrivé aux Etats-Unis en 2010, avait crié "Allah Akhbar" ("Dieu est grand") en sortant de son véhicule. Mais aucun responsable n'a confirmé dans l'immédiat cette information.

Si la piste jihadiste était avérée, ce serait la première fois que M. Trump est confronté à un attentat de ce genre d'une telle gravité depuis son arrivée à la Maison Blanche.

"C'est une journée très difficile pour New York", a déclaré M. de Blasio lors d'un point presse sur les lieux de l'attaque, au sud-ouest de Manhattan, non loin du mémorial érigé en mémoire des victimes du 11-Septembre.

Le maire démocrate, qui joue sa réélection dimanche, a demandé aux New-Yorkais d'être particulièrement vigilants et de signaler toute anomalie.

 

 

"Nous savons depuis septembre 2001 que nous sommes une cible" mais "nous allons vivre nos vies et n'allons pas laisser le terrorisme l'emporter", a déclaré de son côté Andrew Cuomo, gouverneur démocrate de l'Etat de New York.

Il a annoncé des mesures de police renforcées dans la très touristique capitale financière américaine, dans les transports en commun et tous les lieux stratégiques de l'Etat.

Le One World Trade Center, un gratte-ciel érigé sur le site des tours jumelles détruites le 11 septembre 2001, devait être illuminé toute la nuit en rouge-blanc-bleu, en honneur de "la liberté et de la démocratie." Et sur les réseaux sociaux, beaucoup se promettaient de ne pas céder face au terrorisme sous le mot-clef #NYCstrong (New York fort).

On ignorait dans l'immédiat l'identité des personnes tuées, mais il pourrait s'agir en majorité d'étrangers. La diplomatie belge a annoncé déplorer un mort, tandis que Buenos Aires faisait état de "plusieurs morts" argentins.

L'identité du suspect n'a pas été révélée par les autorités. La police a simplement indiqué qu'il avait 29 ans et qu'elle ne recherchait pas d'autre suspect.

 

 

Selon plusieurs médias américains, il s'agirait de Sayfullo Saipov, officiellement résident de Floride (sud-est) mais habitant en fait dans le New Jersey (est), où la camionnette avait été louée.

La police a précisé qu'il avait été touché par balle au ventre et hospitalisé. Selon plusieurs médias, il aurait été opéré en soirée et son pronostic vital ne serait pas engagé.

Plusieurs dirigeants européens, à commencer par le Français Emmanuel Macron et la Britannique Theresa May qui ont connu plusieurs attentats sur leur sol, ont manifesté leur solidarité après l'attaque.

"Horrifiée par cette lâche attaque, mes pensées vont vers tous ceux qui ont été touchés, ensemble nous vaincrons le terrorisme", a tweeté la Première ministre britannique.

"J'exprime l'émotion et la solidarité de la France à New York et aux Etats-Unis", a déclaré pour sa part Emmanuel Macron, ajoutant dans un tweet: "Notre combat pour la liberté nous unit plus que jamais".

Les faits se sont passés juste après 15H00 locales (19H00 GMT) le long de la rivière Hudson, où se pressaient de nombreux cyclistes et passants en cette journée ensoleillée.

Beaucoup étaient déjà déguisés pour fêter Halloween et participer au grand défilé costumé qui se tient chaque année à Greenwich Village.

La camionnette a d'abord foncé sur la piste cyclable et le couloir de promenade qui longent la rivière Hudson, vers le sud, sur près d'un kilomètre, renversant cyclistes et passants, avant de percuter un bus de ramassage scolaire et d'être obligée de s'arrêter, a expliqué le chef de la police, James O'Neill.

Le chauffeur est alors sorti de son véhicule, armé d'un fusil à air comprimé et d'un fusil de paint-ball. C'est à ce moment-là que les policiers lui ont tiré dessus et l'ont appréhendé.

Après la fusillade, de nombreux parents inquiets se sont précipités à la sortie des écoles du quartier.

"Je n'ai pas vu la fusillade, mais je suis arrivé 30 secondes après. Ca sentait les coups de feu. Il y avait un homme étendu par terre qui avait l'air d'avoir été touché, et un autre à coté de lui en train d'être arrêté, a raconté à l'AFP John Williams, âgé de 22 ans.

Outre les huit morts, onze personnes ont également été hospitalisées, dans un état "sérieux" mais pas critique, selon les pompiers. Selon un tweet du ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders, trois Belges font partie des blessés.

La dernière alerte terroriste à New York remonte au 22 mai, lorsqu'un ancien militaire avait lancé sa voiture à toute allure sur un trottoir de Times Square, tuant une jeune femme et blessant 22 autres personnes. L'enquête avait montré qu'il souffrait de troubles mentaux.

Times Square, haut lieu touristique déjà visé par un attentat avorté en 2010, est l'un des lieux new-yorkais les plus surveillés.

La dernière attaque jihadiste à New York date du 17 septembre 2016, lorsqu'un jeune Américain d'origine afghane, Ahmad Rahimi, avait posé deux bombes dans le quartier huppé de Chelsea. Une seule avait explosé, faisant une trentaine de blessés légers et, "par miracle" selon la police, aucun mort.

A l'issue d'un récent procès de deux semaines, il a été reconnu coupable et attend désormais sa sentence. Il risque la perpétuité.

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