Dimanche 16 Décembre, 2018

Hervé Denis : "L’Armée est antérieure à la création de l’État d’Haïti"

Hervé Denis, ministre de la Défense. "Le pays a une histoire liée à l'armée". / MICT (Facebook ministère Défense)

Hervé Denis, ministre de la Défense. "Le pays a une histoire liée à l'armée". / MICT (Facebook ministère Défense)

La remobilisation des Forces Armées d’Haïti, 18 novembre 2017, n’a pas encore comblé toutes les attentes. Quatre mois plus tard, il apparait urgent d’éclaircir certains points sombres. Bon nombre d’Haïtiens se demandent, par exemple : pourquoi, concrètement, remobiliser l’Armée si l’Etat ne peut même pas répondre aux exigences de la Police nationale d’Haïti (PNH) ?

Dans une interview exclusive allouée à Loop Haïti, le ministre de la Défense Hervé Denis s’est exprimé sur l’« antériorité » de l’armée à  la construction de l’Etat haïtien. « L’armée est antérieure à la création de l’État d’Haïti », précise le haut commis de l’Etat.

Les convictions de M. Denis à l’égard de la remobilisation de l’armée n’ont jamais affaiblies. « Je crois que c’est une démarche saine et transparente », argue-t-il, soulignant que nous avions pu conquérir notre indépendance avec les armes à la main.

Dans un passé récent, les soldats de l’Armée d’Haïti ont été aculés pour pratique totalitaire et violente envers la population haïtienne.  

« Comme dans toutes les armées du monde, il y a des avatars », regrette Hervé Denis, sans omettre l’idée que l’armée reste une institution démocratique reconnue par la Constitution de 1987. « Jovenel Moise n’a fait que remplir une promesse de campagne pour laquelle il a été élu ».

Avec la remobilisation de l’armée, l’Etat haïtien part à la « reconquête de la souveraineté nationale » parce que l’indépendance est le « fruit de l’Armée Indigène », avance-t-il.

Aujourd’hui, même avec un effectif de 150 soldats en treillis, Hervé Denis n’a ressenti aucun signe de regret d’avoir fait œuvre qui vaille dans la remobilisation des Forces Armée d’Haïti (FAd’H). « Le pays a une histoire liée à l’armée », commente-t-il.

Octobre dernier, la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti, en abrégé MINUSTAH avait mis à ses activités après 13 ans.

Si pour certains les forces onusiennes ont causé des dommages irréparables en Haïti, Hervé Denis n’entend pas s’appuyer uniquement sur les passifs de l’institution pour la clouer au pilori.

« On peut dire ce qu’on veut, la MINUSTAH a permis une certaine stabilisation dans le pays. Elle nous a permis d’avoir un climat de sécurité qui a facilité la réalisation de trois élections et trois présidents élus », soutient l’homme d’Etat.

Si l’Armée ne s’était pas rétablie, le départ de la MINUSTAH allait créer un vide au niveau du système sécuritaire, indique Hervé Denis. 

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