Mardi 22 Septembre, 2020

Haïtiens en RD: «un conglomérat imprudent, insolent et arrogant»

© AFP/ERIKA SANTELICES Des Haïtiens font la queue devant le ministère de l’intérieur à Saint-Domingue, le 16 juin 2015, dans l’espoir d’une régularisation.

© AFP/ERIKA SANTELICES Des Haïtiens font la queue devant le ministère de l’intérieur à Saint-Domingue, le 16 juin 2015, dans l’espoir d’une régularisation.

La communauté haïtienne ne jouirait pas d'une bonne presse en République dominicaine. Certaines publications dans la presse en territoire voisin en témoignent. Un éditorial paru dans le journal Listin Diario, en date du 29 septembre 2017, lâche tout de go : « D'une communauté éminemment laborieuse et de bas profil, la présence des Haïtiens dans notre pays a été empestée par des criminels qui défient quotidiennement les lois nationales, devenant un conglomérat imprudent, insolent et arrogant. »

Pour justifier cette assertion, l’éditorialiste énumère un ensemble de pratiques qui, selon lui, caractérisent les comportements d'une bonne partie de cette communauté : « Les violations des mineurs, les agressions sur les maisons, les entreprises et les véhicules, les attaques brutales avec des machettes et même des armes blanches contre les citoyens dominicains, l'occupation illégale d'espaces publics », pour ne citer que ceux-là. Indexant l'homicide comme « incidence la plus sinistre » de cette « communauté d'illégaux. »

« Beaucoup d'entre eux ont commis des crimes horribles, démembrant leurs victimes et fuient dans leur pays, échappant à la justice dominicaine.  Mais ils parviennent à revenir, illégalement, et à rechuter. Si une patrouille de migration exige des documents ou les ordonne de s'arrêter, ils le contestent, parfois ils l'attaquent ou simplement s'enfuient », accuse-t-il.

L'auteur du texte a fait une vague évocation du traitement qu’on accorde aux haïtiens qui transgresse la loi de l'autre coté de la frontière. « Le délinquants haïtiens qui commettent des crimes dans le pays ne sont même pas touchés par le pétale d'une fleur, souligne-t-il, car les autorités sont submergées de timidité pour éviter d'être accusées d'agir dans un esprit raciste et discriminatoire ou de violer les droits de l'homme. »

Certains observateurs cherchent un lien entre la libération des quatre prisonniers dominicains mercredi 27 septembre dernier, après 3 mois d’emprisonnement en Haïti et ces commentaires acides et désobligeants dans la presse dominicaine visant les Haïtiens. L'éditorialiste indique, sans avancer de preuve, que ces derniers auraient été « torturés » parce-qu'ils ont commis le « crime » d'être illégal en Haïti. Cependant il y a moins de deux mois, quatre prisonniers haïtiens, ont été violés, ligotés, rapportent les médias dominicains, avant d'être tués dans une prison dominicaine. Jusqu'à présent, aucune lumière n'est encore faite sur ce dossier.

Concluant sur un ton plus ferme, l'auteur exhorte les autorités dominicaines à ne pas laisser leur pays devenir comme Haïti. « Les autorités [dominicaines NDLR] ne peuvent pas et ne doivent pas laisser que ces abus soient généralisés, comme ça se passe en Haïti, parce que ceci n'est pas Haïti, même si cela semble l’être bien parfois. »

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