Lundi 10 Août, 2020

La drogue de l'oubli, le nouvel outil des prédateurs sexuels en Haïti

Haïti: Une drogue utilisée pour violer les femmes circule actuellement. Photo: vloggist.fr

Haïti: Une drogue utilisée pour violer les femmes circule actuellement. Photo: vloggist.fr

Une campagne a été lancée depuis hier, 27 décembre, contre la présence de « la drogue de l’oubli », une substance utilisée par des prédateurs sexuels qui rendent leurs victimes inconscientes avant de les violer. Certains doutaient de l’information qui fait actuellement le tour de la toile, pourtant elle est bien vraie.

Contactée par la rédaction de Loop Haïti, Marie Laurence Jocelyn Lassègue qui a lancé la campagne a affirmé que certaines victimes l’ont contactée personnellement. Et selon les explications de la féministe, les premiers cas ont été recensés lors d’une soirée organisée dans un night-club à Port-au-Prince.

« Plusieurs jeunes filles présentes à cette soirée se sont retrouvées dans des lieux épars sans se rappeler s’y être rendu. Certains dans le parking où se déroulait l’évènement, d’autres dans leurs voitures », selon Mme Lassègue. Parmi ces jeunes filles, plusieurs ont constaté avoir été violées dans les lieux où elles ont repris conscience.

 

Dans le verre ou dans la bouteille ?

Pour être amenées à ce moment d’amnésie, les victimes ont été droguées. Elles l’admettent à l’unanimité. Mais le doute plane encore sur la manière dont elles ont été intoxiquées.

« Elles ont toutes affirmé n’avoir pas déplacé de leur table à aucun moment de la soirée. Donc, elles soupçonnent que la substance a été déposée directement dans la bouteille », prolonge Marie Laurence Jocelyn Lassègue qui fait part de son indignation et son inquiétude.

L’alerte est lancée

L’ancienne ministre à la condition féminine se montre très préoccupée par la situation. Elle a déjà été avertie par une mère de famille qui l’a avoué que sa fille de 16 ans avait subi le même sort dans un autre club.

Elle s’inquiète que cette drogue soupçonnée d’être le rohypnole soit propagée dans le pays au service des prédateurs sexuels. Mme Lassègue alerte les jeunes filles contre « la drogue de l’oubli » et les demande de contacter les organisations féministes, particulièrement la SOFA, au cas où elles seraient victimes afin d’obtenir des appuis psychologiques et juridiques. Entre temps, elle se mobilise à activer les associations féministes pour qu’elles viennent en appui à ces filles/femmes et à agir contre toute personne voulant utiliser cette substance afin de maîtriser leurs sujets sexuels.

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