Dimanche 16 Décembre, 2018

Haïti: Un jeune poulailler produit plus de 400 œufs par jour

« La population de Raymond (Jean-Rabel, Nord-ouest) témoigne déjà d’une très grande satisfaction »./ Dinel Dinord

« La population de Raymond (Jean-Rabel, Nord-ouest) témoigne déjà d’une très grande satisfaction »./ Dinel Dinord

En 2017, la production d’œufs en Haïti a été évaluée à plus de 7 millions d'unités par mois. Ces chiffres ont été communiqués à Ayibopost par le Dr Michel Chancy, ancien secrétaire général à la production animale. Cette croissance résulte de la multiplication des pondeuses sur tout le territoire national ces dernières années.

Aujourd’hui, un nombre important de particuliers œuvre dans la production avicole. Cette conscience se développe également chez des jeunes, en majorité provenant des universités qui contiennent des filières agricoles. Mais cette croissance positive n’est pas observée de la même manière dans chacune des régions du pays. Le cas du département du nord-ouest, par exemple.

Ainsi, à travers une structure montée en juillet 2013, des jeunes originaires de ce département ont pris en main le destin de cet espace géographique. Ils ont implanté un poulailler dans l’idée de produire 5,000 œufs par jour d’ici cinq ans. « C’est notre objectif », concède le jeune agronome très rigoureux Dinel Dinord, président du Conseil d’administration de l’ACAENAA (Action pour l'Amélioration de l'Environnement et pour l'Avancement de l'Agriculture).

Si la route apparait bien longue par rapport au but fixé, la jeune entreprise peut se targuer déjà du nombre d’œufs produits en une journée, soit de janvier à aujourd’hui. « Sur 592 pondeuses, nous récoltons 400 œufs chaque jour », se réjouit Dinel, ajoutant que quelques pondeuses ne fournissent pas encore d’œufs.

Dinel informe que la ferme s’étend sur 124 mètres carrés, mais le dépôt occupe une surface de 9 mètres. « La population de Raymond (Jean-Rabel, nord-ouest) témoigne déjà d’une très grande satisfaction », rougit-il, avant d’avancer que l’entreprise confronte à des difficultés liées au transport des œufs sur le marché local.

 

« L’œuf dominicain tue également la production avicole locale, malgré sa qualité jugée inférieure par rapport au nôtre », prévient l’agronome. L’équipe a mis en place une stratégie de sensibilisation sur l’importance de la consommation des produits locaux et les résultats, selon Dinel, sont inspirants.

« Nous voulons occuper le marcher haïtien avec des œufs made in Haïti », commente le licencié à l'Université Épiscopale d'Haïti. Il pense que cela facilitera le combat contre la flambée du prix de l'œuf et la vigueur du marché de la revente.

Pour l’implémentation de ce projet, ACAENAA a bénéficié du support de l’organisme caritatif Food For The Poor Haïti. Il leur apporte également de l’aide dans le traitement médical des poules.

ACAENAA tend ses ailes sur d’autres projets : trois jardins collectifs dans les localités de Raymond, Grand-Kay et Belvi, ainsi que trois mutuelles de solidarité.

« Les premiers visent à accompagner techniquement les planteurs et les aider à sortir des techniques agricoles dites classiques », émet Dinel, en expliquant que, parfois, les travailleurs ont l’habitude de qualifier d’« arides » des terres qui peuvent cultiver d’autres plants.

Les Mutuelles de Solidarité (MuSo) permettent aux citoyens de se regrouper et de provoquer des réflexions sur les problèmes auxquels fait face actuellement leur communauté », ajoute l’agronome. « C’est aussi une façon de se séparer de la pratique des crédits hypothécaires (kout ponya) qui fragilisent davantage la situation économique des familles vulnérables ».

Au début, nous n’avions pas eu de financement, mais la volonté de travailler au bénéfice de la population a été plus efficace, reconnait l’agronome qui se fait accompagner de Guymi Plancher, Lifton Lenescar, Evanette Leveille, Marie Loudese Dunord, Willy Jean, Jean Ronel Metayer.

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