Samedi 23 Juin, 2018

"Haiti trou de merde": Lafontant doute de ces propos attribués à Trump

Le premier ministre Jack Guy Lafontant.

Le premier ministre Jack Guy Lafontant.

La polémique suscitée par les propos injurieux et racistes du président américain envers Haïti, Salvador et les pays africains ne dégonfle pas. Cela fait presque huit jours. Depuis tout ce temps les réactions fusent de part et d’autre dans la presse internationale alors que les deux têtes de l'exécutif haïtien se sont murés dans un silence étrange sur ce sujet, sans pour autant disparaitre de la scène médiatique.  

En déplacement à Jérémie hier mardi 16 janvier pour l’inauguration chirurgicaux à l'Hôpital Saint- Antoine, le premier ministre haïtien a tout fait pour éviter les questions embarrassantes des journalistes, sous prétexte qu’il n’était pas « là pour ça ».

Quand il aura fini par consentir à y réagir, Jack Guy Lafontant a préféré mettre en doute l’exactitude des propos que Washington Post en premier attribue à Donald Trump tout en se gardant de critiquer ce dernier. «  Même Trump a dit qu’il n’a pas dit tenu ces propos. Mais, s'il les avait dits, ça aurait été regrettable ».

Evidemment, le président américain a nié sur Twitter avoir « dit quelque chose d'insultant sur les Haïtiens. » Mais le sénateur démocrate Dick Durbin, qui assistait à cette réunion, a opposé un démenti au président républicain, arguant qu’il a « répété plusieurs fois » l’expression « pays trou de merde ».

Quelques heures après la révélation du journal américain jeudi 11 janvier dernier, l’ambassadeur d’Haïti à Washington, Paul Altidor, n’a pas hésité à réagir avec fermeté : « Au nom du gouvernement, je condamne formellement les propos du président américain ». Une déclaration renforcée par un communiqué de presse du ministère des Affaires étrangères où il est écrit : « Il y a lieu de croire qu'il s'agit, une fois encore, d'une véritable méprise tant ces déclarations insultantes et répréhensibles ne correspondent en rien aux vertus de sagesse, de retenue et de discernement que doit cultiver toute autorité politique investie de hautes fonctions ».

Autre démarche diplomatique entreprise par le gouvernement haïtien : convocation la chargée d’Affaires américaine. Le chancelier Antonio Rodrigue informe au Nouvelliste avoir profité de sa rencontre avec Robin pour transmettre une note de protestation à l’administration américain « contre un tel traitement vis-à-vis d’Haïti et du peuple haïtien ». Le gouvernement haïtien est donc en attente « des explications concernant un tel traitement envers Haïti ».