Mardi 18 Juin, 2019

Si 2010 se reproduisait en 2019, les dégâts seraient pires

Le sismologue Eric Calais

Le sismologue Eric Calais

Haïti est-elle prête pour un séisme majeur de l’intensité de celui du 12 janvier de 2010 ? Si l’impensable venait à se produire, les dégâts seront-ils moins importants ? Pour le sismologue français Éric Calais cela ne fait aucun doute, la vulnérabilité du pays face à de te tels événements reste quasiment au même niveau qu’en 2010.

Invité à l’émission d’enjeu de RFM à l’occasion de la commémoration du 9e anniversaire du séisme dévastateur du 12 janvier 2010, le sismologue reconnait que des progrès ont été enregistrés au niveau de la prise de conscience. Mais ils sont « très faibles », croit Calais.

« Si on regarde l’état des bâtiments à Port au Prince, on essaie d’imaginer quel est le niveau de préparation si un séisme d’équivalent de 2010 avait eu lieu aujourd’hui, […] c’est sûr, la vulnérabilité reste quasiment au même niveau qu’en 2010 », a-t-il indiqué, rappelant que ce sont justement les bâtiments qui tuent.

Pour le sismologue, il n’y va pas par quatre chemins pour déclarer que la même chose qu’on a vue en 2010 pourrait se produire en termes de dégât, si un séisme majeur venait à se produire en Haïti et si rien n'est fait concrètement pour diminuer le niveau de vulnérabilité. « Ce n’est pas compliqué de l’imaginer », pour le spécialiste. « Si 2010 se reproduisait en 2019, c’est claire qu’il y aurait un nombre de morts importants et un coût économique important comme en 2010. »

Monsieur Eric Calais invite la population à arrêter de jouer à construire correctement, en respectant les normes parasismiques, même si, souligne-t-il, un tremblement de terre majeur n’arrive pas souvent. « 2010 n’a pas changé le mode de fonctionnement des failles. 2010 n’a pas bougé les failles ».

De son côté, Sophie Bouteau de la Combe, responsable de communication de la Mission des Nations Unies pour l'Appui de la justice en Haïti (MINUJUTH et survivante du séisme, croit que le gouvernement haïtien est "beaucoup mieux préparé" en 2019 en ce qui a trait aux réponses à fournir lors des catastrophes.

« Il y a quelques mois, un tremblement de terre s'est produit dans le nord du pays. L'État était prêt et ils ont envoyé leur personnel soutenir les personnes touchées, sans implication de MINUJUSTH. Ce n'était pas un séisme majeur, mais maintenant, la population sait comment réagir. Et surtout, nous entendons régulièrement à quel point il est important de construire mieux, de construire de manière solide dans l'éventualité d'un autre tremblement de terre, pour ne pas exposer les populations », a ainsi déclaré le responsable.

Une déclaration similaire à celle du président de la République, Jovenel Moise, lors de son intervention au sommet annuel du Concordia, à New York en septembre dernier. Des propos qui n’ont pas manqué de susciter des remous au sein de la population, notamment les internautes haïtiens.

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