Lundi 18 Juin, 2018

Haïti, les femmes intègrent peu à peu les métiers traditionnels

Femme chef_famille. Photo:  PNUD

Femme chef_famille. Photo: PNUD

Les clichés à propos le travail que peuvent faire hommes et femmes s’estompent au fur et à mesure. « Fanm ak gason pa gen menm kouraj » subit sérieusement des assauts. Les femmes font fi des barrières et s’activent sur le plan professionnel dans des filières de métiers habituellement réservées au sexe masculin.

 « Aucun pays ne peut se développer sans connaissance ni opportunités économiques… Il faut changer la vie des femmes », s’exclama la ministre à la Condition féminine et aux Droits des Femmes lors d’une conférence de presse le 6 mars 2018 axée sur le pouvoir et l’autonomisation de la femme haïtienne.

 « La pensée n’a pas de sexe tout comme la compétence n’implique une tête sans cheveux ou la force physique », affirme cette femme exerçant la profession de maçonnerie depuis plus de quatre ans déjà. « Les gens s’étonnent toujours devant mon aptitude et mon implication pour ce choix de carrière. Très souvent, je leur explique que dans d’autres pays je ne serai pas regardée comme une exception à la règle », maintient cette ouvrière de chantier de construction équipée de son casque et de son gilet de protection.

Rien qu’à Jérémie en décembre dernier, dans le cadre d’un projet de formation financé par l’OIM (Organisation internationale des Migrations) réalisé conjointement par l’Unité de Construction de Logement et de Bâtiments publics (UCLBP), l’Entreprise Publique de Promotion de Logements sociaux (EPPLS) et le ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST), 71 femmes ont été certifiées boss charpentiers.

Les femmes représentent près de 52% de la population haïtienne d’après les dernières estimations de l’Institut haïtien de Statistiques et d’Informatique. Les petits boulots créés par les ONG au lendemain du séisme de 2010 ont, entre autres, démontré leurs motivations et la contribution qui peut être la leur dans la dynamisation du secteur de l’emploi.

Sur une note d’encouragement, et en guise de plaidoyer pour l’intégration des femmes dans toutes les filières professionnelles (maçonnerie, électromécanique, réfrigération, agronomie, génie civil, psychologie, sociologie, etc.) la coordonnatrice de Women For Liberty (@W4LibertyHaiti) Stéphanie Michel avait lancé du 1er au 12 mars 2018 une campagne intitulée 50 = 50 en vue de sensibiliser les jeunes de classes terminales sur les problématiques d’équité de genre.

Kepsen MONESTIME