Samedi 22 Septembre, 2018

Haïti : des enfants sont régulièrement violées par leurs parents

"Ils sont régulièrement victimes d’inceste", déclare Guylande Messadieu, coordonnatrice de la Fondation « Zanmi timoun »./ Photo: AFP

"Ils sont régulièrement victimes d’inceste", déclare Guylande Messadieu, coordonnatrice de la Fondation « Zanmi timoun »./ Photo: AFP

En Haïti, l’inceste est épinglé en tant qu’infraction, donc il est prohibé à tous les coups. Les articles 278 à 286, modifiés par le décret du 11 aout 2005, le qualifient de crime lorsqu'il y a absence de consentement entre les deux parties.   

Malgré toutes ces restrictions et sanctions pénales, les enfants haïtiens ne sont pas de tout repos au sein de leur famille. « Ils sont régulièrement victimes d’inceste », dénonce Guylande Messadieu, coordonnatrice de la Fondation « Zanmi timoun » à la rédaction de Loop Haïti.

Un cri qui va au-delà de l’inceste pour embrasser dans une plus large mesure d’autres types de crime. « La violence exercée sur les enfants haïtiens, qu’elle soit de nature incestueuse ou d’agression sexuelle, est très à la mode aujourd’hui », regrette celle qui tient depuis presque vingt ans une cloche dans le but d’alerter le monde sur ces dérives sociétales.   

Zanmi Timoun existe depuis février 2001 et mène un plaidoyer pour le respect des droits des enfants. L’article 19 de la convention relative à leurs droits stipule que : « les États membres protégeront les enfants de toute forme de violence, d’atteinte ou de brutalités physiques ou mentales, d’abandon, de mauvais traitements ou d’exploitation, y compris la violence sexuelle ».  

Le dimanche 4 mars ramenait la journée mondiale de lutte contre l’exploitation sexuelle. À cet effet, Zanmi Timoun avait fait des recommandations à l’État haïtien à travers une note rendue publique.

« Au gouvernement haïtien de s‘engager et de s’associer au monde entier à travers une prise de position ferme contre toutes formes de violences et d’exploitations à l’encontre des enfants », mentionne la circulaire.

Février dernier, le Groupe d'Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) avait tiré la sornette d’alarme sur l’incarcération d’un homme d’une quarantaine d’années à la prison civile de Mirebalais. Il était accusé d’avoir violé sa fillette âgée de 10 ans, au cours du mois de janvier, à Beaudouin (Lascahobas).