Samedi 7 Décembre, 2019

Haïti: le nombre de blessés par balles a doublé en un an, selon MSF

L’hôpital Médecins sans frontières (MSF) a lancé un cri d’alarme hier mardi 8 juillet, sur les cas de blessés par balles reçus pour les trois premiers mois de 2019. D’après leur rapport, 237 cas de blessés ont été enregistrés et ce chiffre représente le double de celui recensé au cours de la même période il y a un an.

Les blessés par balles ont augmenté considérablement à travers le pays. Médecins sans frontière de Martissant, préoccupé par la situation, a publié un rapport sur cet état de fait à conséquences multiples. L’organisme médical international souligne que « ces derniers mois, les mobilisations massives de la population haïtienne, confrontée à une détérioration de la situation socio-économique dans le pays, ont été marqués par une flambée des violences ».

Au cours du premier trimestre 2019, d’après les statistiques du MSF,  237 patients ont été admis dans ses locaux sis à Martissant. Entre le 9 et le 25 juin, l’hôpital a reçu 49 victimes par balles, dont 9 dans un état critique nécessitant des soins d’urgence. Du jamais vu pour le personnel médical.

Le cheffe de la mission MSF en Haïti Lindis Hurum souligne que dans de telle situation nul n’est exempt. « Personne ne se sent en sécurité, y compris nos équipes qui font face à de graves incidents » souligne-t-elle.

Des cas de trop pour des conséquences de trop

Dans le rapport de l’hôpital MSF de Martissant il est souligné que le 23 juin, une ambulance de MSF transportant une femme enceinte à l’hôpital a été arrêtée par 20 hommes armés. Ils ont braqué l’équipe médicale et ont forcé l’ambulance à faire demi-tour.

Le même jour, un patient qui quittait le centre MSF de Martissant a été abattu devant le portail, alors qu’il venait de sortir du bâtiment, regrette les responsables.

Ce contexte violent selon les responsables de l’hôpital, n’est pas sans conséquences sur le fonctionnement du système médical haïtien. Au contraire, il l’handicape. « Insuffisamment financées et équipées, manquant de personnel, les structures de santé publiques ne peuvent pas faire face à l’afflux de patients » explique Lindis Hurum.

Deux autres conséquences liées aux violences des bandits armés sont non négligeables selon Samira Loulidi, coordinatrice du centre d’urgence MSF de Martissant. « D’un côté, on constate un manque de médecins, de médicaments et d’éléments essentiels comme l’oxygène ou l’électricité dans les structures publiques. De l’autre, l’hôpital fait face à une augmentation des besoins pour des patients qui ne peuvent pas se payer des soins dans des structures privées ».

La coordinatrice du centre d’urgence MSF de Martissant conclut pour dire qu’« il est très difficile de garantir la continuité des soins, avec un impact aussi lourd sur le pronostic vital de certains de nos patients ».

Il est aussi à noter que la Commission épiscopale Justice et Paix (CJILAP), dans son 70e rapport publié le 14 juin dernier a enregistré 122 cas de mort violente de janvier à mars 2019 dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Ces décès ont été tantôt les œuvres des individus armés, tantôt de la police ou du moins des suicides, selon ce qu’avait souligné le rapport.

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