Lundi 18 Juin, 2018

Haïti engage une firme de communication pour réparer son image aux USA

© Getty Images

© Getty Images

Début janvier 2018, le président américain Donald Trump a qualifié Haïti de pays « trou de merde ». "Pourquoi avons-nous besoin de plus d'Haïtiens?", avait-t-il déclaré selon Washington Post. Des propos désobligeants qui ont porté sérieusement atteinte à l’image du pays à l’extérieur et qui ont suscité moult controverses de part et d’autre.

Pour pallier ce problème, Haïti a engagé une firme de relations publiques à Washington afin de travailler à la restauration de l’image du pays à l’étranger. Le journal américain basé à Washington The Hill vient de relayer l’information à travers un article intitulé "Haiti hires PR firm after WH ‘s---hole’ controversy" (Tr. frse : Haïti engage une firme de relations publiques après la controverse de ‘trou de merde’ de la Maison Blanche)

La firme mondiale de relations publiques s’appelle Mercury et détient un bureau lobbying à Washington, d’après des formulaires déposés auprès du ministère de la Justice. Les dossiers montrent que Mercury est la seule entreprise travaillant pour le compte d'Haïti aux États-Unis.

Toutefois, les mêmes documents attestent qu’"Il est expressément convenu et compris que les Services dans le cadre de ce contrat ne comprennent aucune activité de lobbying (nationale ou locale)". Du coup, l’entreprise est missionnée pour la réparation de l’image du pays à l’extérieur des Etats-Unis.  

Les termes de référence, selon The Hill, indiquent que l'entreprise gérera "la présence imprimée, télévisée, radiophonique et numérique des médias en façonnant leur histoire et en amplifiant leur message ... [et] en plaçant des histoires, en réservant des apparences médiatiques, en préparant des points de discussion".

Un expert haïtien voit d’un très bon œil la démarche. Il estime que les services de relations publiques sont nécessaires pour éviter que les détracteurs déciment complètement l’image du pays et compromettre ses relations avec la première puissance mondiale.

"Pour eux [Haïti, ndlr], c'est la survie de l'image plus que toute autre chose pendant l'administration Trump", a déclaré Fulton Armstrong, un professeur agrégé au Centre d'études latino-américaines et latino à l'Université américaine.

La valeur totale du contrat avec l’entreprise mondiale Mercury n'est pas claire, mais le sous-contrat américain totalise 10 000 $ pour le travail effectué du 15 février jusqu'à la fin de décembre. Trois personnes travaillent pour Haïti, selon le ministère de la Justice.

Le journal affirme que les responsables de la firme ont refusé de se prononcer sur ledit contrat. L'ambassade d'Haïti à Washington, également, n’a rien communiqué à propos de son implication probable dans le contrat ou non.  

Le contrat avec Mercury, qui liste l'ambassadeur d'Haïti en France en tant que client spécifique, est acheminé par le bureau de Londres du cabinet

Cet article a été à jour à 9h 48 Am (heure locale).