Jeudi 23 Janvier, 2020

Haïti: Des ouvriers réclament un salaire minimum de mille gourdes

Les manifestations des ouvriers de la SONAPI se multiplient ces derniers jours pour exiger aux patrons l’augmentation de leurs salaires. A grand cris, ils réclament un salaire minimum de 1000 gourdes.

Entre L’Etat, le Patronat et le Prolétariat, les négociations sur le salaire minimum semblent être au point mort. Le salaire des ouvriers haïtiens n’est toujours pas établi par la méritocratie, selon ce que explique Janvier Eddy, un syndicaliste de l’industrie textile de la société nationale des parcs industriels (SONAPI).

 Véritable outil politique, le salaire minimum constitue la valeur marchande de la main d’œuvre ouvrière. A chaque crise, chaque période d’inflation, les revendications se répètent et l’Etat à travers le Conseil Supérieur des Salaires (CSS) tente de jouer à l’amiable pour apaiser la colère et les desideratas de ceux qui vendent leurs sueurs pour une journée de travail de 8 heures. 

Le nouveau salaire minimum est fixé entre 175 et 350 gourdes pour 8 heures de travail, tout dépend du secteur d’activité, écrit l’arrêté présidentiel du 1er Mai 2016. Ce salaire équivaut respectivement à 2.62 et 5.25 dollars US.

Publié dans le journal officiel « Le Moniteur » numéro 93, cet arrêté se veut être le garant du salaire des ouvriers, ce qui est mentionné dans le premier considérant de son préambule « Considérant que tout employé d’une institution publique ou privé a droit à un juste salaire et que l’Etat se doit de garantir à tout travailleur un minimum d’équité économique et sociale».

Fonctionnant sur cet arrêté, les ouvriers se servent de deux arguments pour demander un ajustement salarial : le troisième considérant de l’arrêté et la hausse des prix des produits pétroliers. 

Le syndicaliste Fignolé Saint Cyr explique, « avec l’augmentation du coût de la vie principalement des produits pétroliers, il est évident que le salaire minimum soit ajusté ».

« La loi est claire et nos revendications sont juste », rajoute Fignolé Saint Cyr. Il profite pour rappeler la logique de l’arrêté. « Considérant que, suivant les prescrits du code du travail, le salaire minimum doit être périodiquement ajusté en fonction des variations du coût de la vie », dit le troisième considérant. Sur ce, il y a lieu de prendre en compte les revendications des ouvriers.

« Le coût de la vie augmente, les produits pétroliers augmente, le salaire minimum doit être aussi augmenté », conclut le syndicaliste de la SONAPI qui a représenté le secteur des ouvriers de l’industrie textile au sein du Conseil Supérieur des Salaires (CSS) en 2013.

« La régularisation du salaire minimum est en premier lieu la responsabilité de l’Etat et non celui des patrons », déclare Georges Barau Sassine, président de l’association des Industries d’Haïti (ADIH).

Pour lui, « il est normal que les ouvriers demandent un ajustement de salaire », mais surtout dans le calme et la discussion. Quand les revendications sont entamées avec violence, fait-il comprendre, l’impression de manipulation politique est de mise.

Il est vrai que le pays offre des avantages en matière d’investissement mais parallèlement l’instabilité juridique et politique peuvent à n’importe quel moment inverser la situation. «Un arrêté peut tout changer en un jour et écrase les intérêts du patronat or les industries haïtiennes doivent êtres compétitives » dit-il, soulignant que « les problèmes des ouvriers ne se trouvent pas dans les factories, mais en dehors». 

Il revient à l’Etat de donner les services dus à la population tels le transport, la nourriture, l’écolage etc. «Si l’Etat fournit les sévices de bases il y aurait moins de désidératas, la vie des ouvriers ainsi que ceux des patrons seront bien meilleure».

Il faut à tout prix éviter le déclenchement des désordres qui peuvent entrainer des cas de banqueroute comme celles de 1987 et 1988 qui ont entrainé la perte de 100 000 emplois dans le pays, conseille Sassine.

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