Jeudi 18 Juillet, 2019

Haïti Cultural Exchange célèbre sa première décennie à New York

Le danseur et chorégraphe Jean-Aurel Maurice au festival Haïti Cultural Exchange cette année/ Photo : Josué Azor

Le danseur et chorégraphe Jean-Aurel Maurice au festival Haïti Cultural Exchange cette année/ Photo : Josué Azor

HCX fait avec acharnement la promotion de la culture haïtienne dans la communauté de Brooklyn, à New York, depuis environ une décennie. Les petits Newyorkais nés de père ou de mère haïtien ne resteront plus jamais étrangers à ce patrimoine qui leur appartient de fond en comble.     

Dimanche 30 juin, le festival annuel Haïti Cultural Exchange joue sa dernière carte. Une flopée de gens s’est réunie dans la cour de Wesbrook Memorial Garden, à Brooklyn, pour assister à une dernière prestation de danse titrée : « Ayiti eXperimental Dance Performance ». Quatre performeurs dont Jeans-Sebastien Duvilaire (Hougan Babas), André Zachery, Tara Nicolas, Nubian Néné, et la Djette Val Jeanty ont mis en commun leur synergie pour faire vibrer l’espace pendant au moins 60 minutes. 

3h10 PM, Régine M. Roumain, co-fondatrice et directrice exécutive de HCX, vient planter le décor dans une courte introduction qui rappelle les plus beaux souvenirs de l’association pour cette première décennie, et ce qui faisait leur fort dès le début. « Des artistes de partout nous ont vite fait confiance, et se sont embarqués sans crier gare, » déclare le fer de lance du festival.

« Cette année nous célébrons les dix ans de l’association, et nous sommes très satisfaits de tout ce que nous avons accomplis, » continue-t-elle avec un sourire collé sur son visage.

S’il est vrai que l’association a franchi un très grand pallier pour sa première décennie, la capitaine n’ignore pas les enjeux auxquels l’équipe s’est exposée, et la nécessité de mettre les bouchées doubles pour les doux temps à venir. « Nous avons encore d’autres objectifs à poursuivre, et nous mettons déjà le cap sur la prochaine décennie qui devra être plus bénéfique à la culture haïtienne. »

Ces mots ont résonné en écho dans l’audience qui n’a pas pris du temps pour réagir par une salve d’applaudissements.

Avant même que Regine disparaisse de l’horizon, une voix retentissait en écho à l’arrière, et tout le monde se penche pour voir celui qui prononçait à tue-tête le nom de « Papa Legba », le Loas dans le panthéon du Vodou haïtien qui a la lourde tâche de frayer le chemin à quiconque.

Voilà que l’excellent danseur et chorégraphe international Hougan Babas fait son entrée en scène avec de l’énergie la plus absorbante. Il chante et dirige ses pas avec une grande dextérité sur un gazon qui devrait servir à toute autre chose, mais non à un pareil spectacle de danse. Le spectacle prend, du moins pour un temps pas si long, l’allure d’une cérémonie vodouesque.

Plus tard, Valérie Rochon, professeure de danse et ancienne directrice de African American Dance Directory Project, a commenté la prestation de ce dernier qui, à ses yeux, a donné le ton à une soirée mémorable. « C’était tellement intense, dit-elle, et nous pouvions voir comment il [Jean-Sebastien Duvilaire] a facilité l’enchaînement avec les autres artistes qui s’en sont suivis. » Elle conclut que le spectacle a été extraordinaire dans son ensemble.

HCX a célébré son dixième anniversaire tout le long du mois de juin sur plusieurs planches à Brooklyn, et autour du générique « Ayiti eXperimental. » Danse, musique, exposition artistique ont agrémenté le festival qui a donné son coup d’envoi le 6 juin dernier.

Des interprètes comme B.I.C., Wooly Saint Louis Jean, la plasticienne Pascale Monin, le professeur, danseur et chorégraphe Jean-Aurel Maurice sont parmi les plus grands noms qui ont fait jaillir de la lumière pour la commémoration de cette première décennie.  

Il fut un temps où les artistes haïtiens ou ceux d’origine haïtienne basés à New York ne savaient à quel saint se vouer pour récolter des fonds nécessaires à la survie de leur projet. Voilà que dix ans de cela, sept Américaines d’origine haïtienne se sont réunies en conclave, à Brooklyn, pour enfanter l’association qui s’appelle aujourd’hui Haïti Cultural Exchange (HCX).

Websder Corneille

New York City

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