Dimanche 20 May, 2018

Haïti: Bientôt une école vodou pour former les "petits vodouisants"

Guédé au cimetière de Port-au-Prince ce 1er novembre 2017, Photo : LoopHaiti/Vladjimir Legagneur

Guédé au cimetière de Port-au-Prince ce 1er novembre 2017, Photo : LoopHaiti/Vladjimir Legagneur

À l’heure actuelle, le secteur du vodou est en train de subir une sérieuse campagne d’intimidation. Entre péristyle incendié à Carrefour et accroissement de « fausses informations » sur le secteur, les vodouisants ont ressenti la nécessité de réagir pour « rassurer les serviteurs qui opèrent dans les différents lakous ».

Cette année marque les dix années d’existence de la Confédération nationale des Vodouisants haïtiens (KNVA, en créole), fondée le 7 mars 2008. Pour consolider les acquis et rehausser l’éclat de cette décennie, les responsables de la Confédération ont mis sur pied un ensemble d’activités et de projets à exécuter, dont la création d’une école pour former les « petits vodouisants », à l’avenir.

Les responsables ont rencontré la presse ce lundi pour présenter leur cahier de charge. « Nous ne devons pas nous laisser intimider par les actes de provocation venant d’autres secteurs religieux », martèle Woldson Bertrand, dénonçant du même coup des textes sur les réseaux sociaux qui visent, selon lui, à affaiblir ou affecter l’image du vodou.

Depuis quinze ans environ, le vodou jouit de sa légitimité étatique comme l’une des religions officielles du pays. « L’arrêté du 4 avril 2003 reconnait le vodou haïtien comme religion », informe Ismo Gerald, l’un des responsables de la Confédération. « Au même titre qu’un pasteur chrétien ou d’un prêtre catholique, le vodouisant détient les mêmes droits et privilèges confessionnels dans le pays ».

Parmi les projets en cours d’exécution pour couronner cette décennie, la Confédération qui est la seule instance légitime de discussion pour le secteur vodou, d’après les responsables, entend construire une Badji conceptuel ou péristyle communautaire, la maison de Papa Loko ou la Forêt des dieux, enfin, mettre en branle une campagne d’éducation civique et d’alphabétisation.  

Dans l’optique des dialogues entrepris par l’Etat haïtien dans les années 1990s avec le secteur vodou, la Confédération nationale des Vodouisants haïtiens souhaite pérenniser ces acquis qui représentent, à leurs yeux, des « outils puissants de réorganisation sociale et solidaire ». Aucune religion n’est supérieure à une autre, pense Woldson Bertrand, et l’Etat doit ériger des balises pour empêcher la « pratique des péristyles incendiés, la chasse aux vodouisants et toute forme d’intimidation ».