Mercredi 20 Novembre, 2019

Grève de faim: "Soit on meurt ici, soit le président démissionne"

Photo: Raoul Junior Lorfils

Photo: Raoul Junior Lorfils

15 étudiants ayant entamé une grève de faim depuis dimanche 13 octobre pour réclamer le départ de Jovenel Moïse, continuent leur mouvement malgré la conférence de presse présentée par le chef de l'Etat mardi où il a rejeté toute idée de démission.

"Soit on meurt ici, soit le président démissionne", a confié l'un des protestataires rencontré par Loop Haiti ce matin du 16 octobre dans la salle de la première année de la Faculté de droit et des sciences économiques (FDSE). Les activistes, issus des universités privées et publiques, se réclamant membres du Regroupement des étudiants haïtiens, affirment être assez "clairs" et fermes sur leur décision et qu'ils ne changeront pas d'avis.

 

Allongés sur un drap à même le sol, ces 15 jeunes dont deux (2) femmes font le voeu de continuer leur grève de faim jusqu'à ce que leur appel ait été entendu et que les autorités, en particulier le président, aient pris les décisions qui s'imposent. Mais depuis dimanche, à part les journalistes et des sympathisants, personne n'est entré en contact avec eux. Ce qui, selon eux, signifie que les dirigeants ne se soucient pas réellement de la vie des gens dans le pays.

En outre, 11h 45, quatre (4) d'entre les 15 avaient un besoin urgent d'assistance médicale. Un encadreur des grévistes, encore le téléphone à l'oreille, nous a informé qu'ils tentaient depuis 24 heures de faire venir une ambulance en vue de soigner les concernés. Mardi, le Centre ambulancier national (CAN) leur avait promis d'être là dans une demie heure, mais n'est pas encore arrivé 24 heures après. Ce mercredi matin, le CAN avait souligné un problème de disponibilité de véhicule qui devrait être incessamment résolu.

Rappelons que hier 15 octobre, Jovenel Moïse, dans une conférence de presse dans les jardins du palais national, a rejeté toute idée de remettre sa démission. Pour lui, ce serait "irresponsable" de partir et de quitter le pays dans ces conditions. Durant sa présentation, le chef de l'Etat a accusé le "système" d'être responsable de la crise actuelle et de la paralysie dont souffre son administration.

D'après Moïse, les "gardiens" et les "héritiers" du système lui en veulent pour avoir coupé certains contrats juteux et pour avoir pris certaines décisions allant à l'encontre de leurs intérêts. Un vaste débat est en cours sur les réseaux sur ce sujet. Certains, prenant pour exemple le support apporté au candidat Jovenel Moïse lors des élections présidentielles 2015 et 2016, accusent Moïse d'être lui aussi le fruit de ce système qu'il critique tant.

 

 

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