Gouvernance : Les nouveaux maires élus se plaignent d’un héritage catastrophique

La quasi-totalité des nouveaux maires font face à une montagne de dettes, un nombre pléthorique d’employés et des équipements inexistants.

Après avoir attendu plusieurs mois pour accéder finalement à la direction des affaires communales, plusieurs nouveaux patrons municipaux, particulièrement ceux de la grande zone métropolitaine de Port-au-Prince, ont été grandement surpris de l’état de la situation au niveau des administrations. Les dirigeants des principales communes ont révélé qu’ils ont découvert une montagne de dettes, un nombre pléthorique d’employés et des équipements inexistants.

Il importe de rappeler qu’aucune élection n’a été réalisée au niveau municipal durant le mandat de Michel Joseph Martelly. Ainsi, des agents intérimaires, sans aucun mandat de la population, ont eu à prendre des décisions de façon illégale au niveau des collectivités territoriales au cours des dernières années. Ceci représente un double passif pour les différentes administrations durant la présidence Martelly qui ont failli à leur obligation constitutionnelle, celle d’organiser des élections et à assurer la bonne gouvernance du territoire national en collaboration avec des élus. 

Les nouveaux leaders des plus importantes communes du pays en termes de population : Port-au-Prince, Carrefour, Delmas et Pétion-Ville ont tiré la sonnette d’alarme sur la situation financière désastreuse au niveau de leur administration. Ils ont pris la décision de licencier la plupart des employés optant pour la table rase.

Il importe de souligner que le Ministère de l’Intérieur et des collectivités territoriales (MICT), institution de l’Exécutif responsable de la supervision des administrations municipales, avait demandé aux nouveaux maires élus de ne pas réaliser d’importantes révocations d’employés. Ces derniers n’ont pas eu à prendre en considération la recommandation des autorités du MICT.

Après avoir fait de multiples promesses au cours des dernières élections municipales, les maires élus se retrouvent avec des caisses vides, selon eux, et vont rencontrer ainsi de sérieuses difficultés pour offrir des services de base à leur communauté. Ils n’ont pas encore présenté un plan d’urgence pour faire face aux multiples problèmes conjoncturels.

En plus de ces problèmes, les maires élus auront à confronter d’importantes  contraintes structurelles. Ceci demandera une solide gouvernance basée sur une utilisation rationnelle de ressources humaines qualifiées, de ressources matérielles et physiques suffisantes et de ressources financières assez importantes. L’établissement d’une administration municipale efficace et efficiente locale s’avère nécessaire pour qu’à la fin du mandat des actuels maires,   les mêmes choses ne se reproduisent. Le grand perdant sera toujours la communauté. Des organisations de la société civile doivent s’engager activement auprès des nouveaux maires dans la recherche d’une amélioration des conditions de vie de la population. 

     

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