Vendredi 24 Janvier, 2020

Gonaïves : des cadeaux distribués à des enfants pour la Noël

Elizabeth Charlestin, étudiante en travail social à Arizona, aux États-Unis, plantée au milieu de 72 enfants samedi 28 décembre 2019, Gonaïves. Crédit photo: Dieulivens Jules/Haïti Press Image

Elizabeth Charlestin, étudiante en travail social à Arizona, aux États-Unis, plantée au milieu de 72 enfants samedi 28 décembre 2019, Gonaïves. Crédit photo: Dieulivens Jules/Haïti Press Image

Soixante-douze enfants ont reçu des cadeaux de Noël 28 décembre 2019 à l’hôtel Paradis Village, ruelle Sajous, aux Gonaïves. Une initiative de la jeune étudiante haïtienne en travail social aux États-Unis, Elizabeth Charlestin.   

Il semblerait que les enfants haïtiens sont toujours en quête du Père Noël. Ils jubilent quand ils se trouvent en face d’une créature toute de rouge et de blanc vêtue, représentant le gros Monsieur très sage à la barbe blanche. Ils se montrent perplexes lorsque cet archétype répond aux abonnés absents. Le jeu en vaut la chandelle certes, mais chaque famille ne peut pas tirer son épingle de ce jeu. Charletin l’a bien comprise avec cette nouvelle initiative s’agissant d’offrir des cadeaux à des enfants pour la Noël. Du moins, cette année.

« Je veux voir le Père Noël », soupire un petit garçon, taille de guêpe, lacets défaits, au beau milieu d’un petit monde qui lui ressemble tant bien que mal. Dans de tel endroit qui n’a rien à envier à un décor improvisé pour un conte de fée, la réjouissance d’un enfant dépend de la valeur qu’il accorde au cadeau reçu et la comparaison qu’il en fait de cet objet par rapport à celui de son voisin. « On m’a donné une voiture », s’écrie ce dernier, assisté de sa mère à quelque mètre près. Il aimerait que les enfants soient sages et respectueux envers leurs parents. Un message normal pour un enfant de sept ans en troisième année fondamentale.  

Tous les enfants n’ont pas droit aux mêmes cadeaux

Cependant, les enfants n’ont pas droit aux mêmes objets de valeur, cela dépend de l’âge mais aussi du positionnement dans la ligne. « Les enfants de 7 à 10 ans reçoivent des valisent, cahiers, instruments géométriques et plumes parce qu’ils peuvent les utiliser dans le cadre de leurs études », répond la jeune femme qui vit depuis plus de quinze mois dans le pays d’Obama, dans l’État d’Arizona (sud des États-Unis).

« Ceux de six à sept ans détiennent des jouets, poupées, donc en majorité des matériels de loisir », laisse-t-elle savoir. « Toutefois, personne n’a été exclue des jeux sous un quelconque facteur de l’âge ou de centre d’intérêt », prévient l’étudiant à Pima Community College, Arizona, aux États-Unis. « Nous avons joué, mangé ensemble. Bref, c’est un moment inoubliable », se réjouit-elle. Toute satisfaite de la première édition de l’initiative qui vise à « partager en signe de remerciement une partie de ce qu’elle a emmagasiné le long de l’année ».

« Je suis vraiment consciente de la situation actuelle, beaucoup de parents n’ont pas la possibilité d’offrir une surette à leur enfant », commente l’originaire des Gonaïves et ancienne étudiante de la Faculté de Linguistique Appliquée (FLA), entité de l’Université d’État d’Haïti (UEH). Elle est débarquée au pays mi-décembre, à l’heure où les établissements scolaires battaient de l’aile pour relancer l’année académique 2019-2020 qui s’était brusquement interrompue début septembre à cause de la période de « pays lock ».

Elle espère, à l’avenir, créer un orphelinat pouvant subvenir aux besoins des enfants les plus démunis. « C’est une grande première certes, mais elle va perdurer », prévient-elle. « Je compte monter une structure plus solide, par exemple une crèche ou une fondation pour les accompagner sur le long terme ». Elle a remercié le Bureau du Député Edouarnel Chéry, représentant de la circonscription de la comme d’Anse’Rouge qui, dit-elle, s’était donné à fond pour la réalisation de cette activité. « C’est quelqu’un qui a foi en moi », sourit-elle. Elle n’oublie pas forcement Maelle Riché, son ancienne camarade à la FLA qui l’a beaucoup soutenue dans la préparation de l’activité.

Tifosi de The Ellen DeGeneres Show

Depuis son arrivée aux États-Unis en été 2018, une mouche l’a piquée et l’a transmis l’anophèle de The Ellen DeGeneres Show, un talk-show très prisé là-bas. Des personnalités notoires se battent pour se tailler une place de choix à cette émission produite depuis la ville de Burbank, California.

Début juin 2019, elle a été gratifiée d’un ticket pour participer à ce show le 27 du même mois. Dans les studios de la production de l’émission, elle a été sectionnée pour concourir au jeu « Game of Games ». Elle n’a pas remporté le premier pris, sans pour autant repartir bredouilles. Elle s’est entretenue en personne avec la présentatrice du show, Ellen DeGeneres pour la première fois de sa vie.

« Je ressentais tant d’émotions. Je ne pouvais pas croire qu’on m’a gratifié d’un ticket pour prendre part au jeu », dit-il, essoufflée. La première visite n’a pas pour autant assouvie sa soif d’Ellen DeGeneres, elle a donc récidivé le 5 septembre 2019. « J’irai une troisième fois s’il le faut encore », ricane-t-elle. « Je vais gagner un jour, et je serai un jour l’un des invités spéciaux », elle le prononce avec des étoiles plein les yeux.

Websder Corneille @webscorneille

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