Samedi 14 Décembre, 2019

"Gilets jaunes": une rentrée sans grande ampleur, marquée par des violences

Une voiture de la police municipale incendiée lors de la manifestation des "gilets jaunes" à Montpellier le 7 septembre 2019

Une voiture de la police municipale incendiée lors de la manifestation des "gilets jaunes" à Montpellier le 7 septembre 2019

Pour leur "rentrée", quelques milliers de "gilets jaunes" se sont rassemblés dans plusieurs grandes villes, comme à Montpellier, où des heurts ont très vite éclaté et une voiture de police municipale a été incendiée.

Une fumée épaisse, irrespirable, a rapidement envahi une rue commerçante de Montpellier, où une voiture de police, sans occupants, a été incendiée, a constaté une journaliste de l'AFP. Plusieurs devantures de commerces ont aussi été vandalisées, notamment celle de l'assureur MMA.

Selon la préfecture de l'Hérault, qui a compté 500 "black blocks" environ dans le cortège, ce sont des manifestants qui ont ouvert la porte du véhicule de police et y ont jeté un cocktail molotov.

Le cortège a rassemblé 2.000 (selon la préfecture) à 5.000 manifestants (selon les organisateurs) au plus fort de la manifestation. Hervé, "gilet jaune" de la première heure, s'est félicité de "la mobilisation de rentrée extra à Montpellier malgré la répression". "On a montré qu'on est toujours prêts à agir et que Macron et son gouvernement doivent compter avec nous", a ajouté le quinquagénaire, qui travaille sur des chantiers de BTP et se décrit comme "plutôt pauvre après une dure vie de travail".

Des heurts à répétition se sont concentrés sur la place de la Comédie, la préfecture et la rue commerçante Saint Guilhem. Certains commerçants avaient préféré fermer ce samedi. D'autres restaient sur le pas de leur porte ou derrière leurs vitrines, prêts à descendre le rideau de fer quand des groupes de "gilets jaunes" s'approchaient.

AFP / Pascal GUYOTManifestant en faveur du "RIC" (référendum d'initiative citoyenne), le 7 septembre 2019 à Montpellier, dans l'Hérault

Touristes et Montpelliérains faisant leurs courses de rentrée semblaient médusés par la tournure des évènements et par les nuages de gaz lacrymogènes qui planaient sur le centre-ville: "what's going on ? (mais que se passe-t-il ?) répétaient éberlués des groupes d'Anglo-saxons leurs valises à la main alors qu'une foule compacte aux visages souvent masqués scandait "Révolution" en défilant le poing en l'air dans une rue commerçante huppée.

Vers 17H00, la préfecture faisait état de sept interpellations, notamment pour des jets de projectiles - pavés et engins pyrotechniques, mais sans blessé signalé.

A Rouen aussi, où tout rassemblement était interdit dans le centre-ville, des heurts ont éclaté lors de la manifestation des "gilets jaunes", soutenue par la CGT de Seine-Maritime, conduisant à deux interpellations, selon la préfecture.

A Paris, épicentre des manifestations du samedi pendant plusieurs mois, plus de 800 "gilets jaunes" se sont réunis, a indiqué à la presse Didier Lallemant, préfet de police de Paris, soit "un chiffre assez bas mais très nettement supérieur à celui de la semaine dernière".

La préfecture a indiqué que 89 personnes avaient été interpellées et une cinquantaine verbalisées dans le quartier des Champs-Elysées où la manifestation s'est déroulée globalement dans le calme.

A Bordeaux, un temps "place forte" du mouvement, plusieurs centaines de "gilets jaunes" ont manifesté. Certains manifestants ont regretté de n'avoir pu approcher le Parc des Expositions, au nord de la ville, où se tient pendant deux jours, sous très haute surveillance policière, le Campus des Territoires de la République en Marche (LREM). "On voulait débattre pacifiquement avec la LREM", selon David Poulain, qui préside un groupe de "Gilets Jaunes Constructifs".

A Toulouse, le cortège, de plusieurs centaines de "gilets jaunes", selon un journaliste de l'AFP, était bien plus important que les derniers samedis, traduisant selon de nombreux manifestants une "reprise" de la mobilisation.

"C'est normal qu'il y ait plus de monde, c'est une reprise du mouvement qui n'a jamais été mort", à assuré Francis, un retraité toulousain de 66 ans.

A Lille, quelque 650 manifestants selon une source policière, 1.500 selon des représentants des "gilets jaunes", défilaient eux dans une ambiance bon enfant, derrière une banderole annonçant la "rentrée sociale" et la "convergence des luttes" des gilets "jaunes", "rouges", "roses" et "verts".

A Strasbourg, environ 350 "gilets jaunes" selon la préfecture manifestaient depuis la mi-journée dans le centre-ville. A Dijon, la manifestation déclarée en préfecture, qui a rassemblé 250 personnes, s'est déroulée sans incident.

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