Jeudi 20 Juin, 2019

"Gilets jaunes": un "acte V" marqué par une faible mobilisation, sans heurts

Des "gilets jaunes" forment une pyramide humaine dans la manifestation sur les Champs-Elysées à Paris, le 15 décembre 2018

Des "gilets jaunes" forment une pyramide humaine dans la manifestation sur les Champs-Elysées à Paris, le 15 décembre 2018

Moins d'interpellations, pas de heurts et une mobilisation en net recul: l'acte V des "gilets jaunes" marque le pas samedi à Paris et en régions, contrastant avec l'extrême tension des semaines précédentes pour réclamer à Emmanuel Macron plus de pouvoir d'achat.

Cette nouvelle journée de manifestation nationale a valeur de test pour l'exécutif après les annonces d'Emmanuel Macron visant à mettre fin à une crise sociale inédite née sur les réseaux sociaux pour crier un "ras-le-bol" fiscal et économique.

A Nantes, quelque 1.200 personnes, selon la police, manifestaient aussi sous une certaine tension alimentée par des salves régulières de grenades lacrymogènes.

"Nous sommes remplis de colère. Nous sommes épuisés par une pression fiscale colossale", lançait un peu plus tôt Priscillia Ludosky, figure à l'origine du mouvement, devant un millier de "gilets jaunes" réunis pour un "sit-in" devant l'Opéra Garnier.

A Bordeaux, où de violents débordements s'étaient produits samedi dernier, quelque 4.500 "gilets jaunes" défilaient, un chiffre quasi-similaire à la semaine dernière.

Autre chiffre révélateur: à 15H30, il y avait eu à Paris 114 interpellations dont 82 gardes à vue, bien en-deçà des 615 interpellés et 508 gardés à vue annoncées la semaine dernière au même moment.

"On est là aujourd'hui car on n'a pas envie d'être les prochains SDF que l'on voit trop nombreux à Paris", a témoigné Julie, 31 ans, conductrice d'engin, venue de l'Aisne pour manifester pour son troisième samedi consécutif.

Aux abords des grands magasins parisiens, en pleine activité à l'approche de Noël, les badauds se croisaient avec des sacs de courses, loin de l'impression d'état de siège les semaines précédentes.

Les accès aux institutions (Palais de l'Élysée, Hôtel Matignon, Assemblée nationale, ministère de l'Intérieur, etc.) restaient protégés. Mais la Tour Eiffel et plusieurs musées fermés samedi dernier étaient ouverts.

"Quand on voit le +blablatage+ sur Facebook des champions du clavier et quand on voit concrètement combien de personnes il y a dans la rue, je vous le dis honnêtement, je n'ai qu'une envie, c'est de poser le gilet. On est moitié moins de ce qu'on était la semaine dernière", résumait à Lyon Stella, employée de bureau de 44 ans.

Les annonces d'Emmanuel Macron lundi, dont la plus emblématique porte sur une hausse de 100 euros des revenus au niveau du Smic, visent à répondre aux revendications immédiates des "gilets jaunes" réclamant moins de taxes et plus de pouvoir d'achat.

Au total, 8.000 membres des forces de l'ordre ont été déployés dans la capitale, 69.000 sur tout le territoire, appuyés à Paris par 14 véhicules blindés à roues de la gendarmerie (VBRG).

Les 1er et 8 décembre, 136.000 personnes avaient manifesté dans toute la France.

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