Dimanche 24 Mars, 2019

France-Carburant: près de 283.000 manifestants, un mort et 200 blessés

Des gilets jaunes bloquent le trafic sur l'autoroute A13, le 17 novembre 2018, à Dozulé, dans le Calvados

Des gilets jaunes bloquent le trafic sur l'autoroute A13, le 17 novembre 2018, à Dozulé, dans le Calvados

Près de 283.000 "gilets jaunes" ont protesté samedi dans toute la France contre la hausse des taxes sur le carburant et la baisse du pouvoir d'achat, au sein de 2.000 rassemblements parfois tendus qui ont entraîné des accidents faisant un mort et 227 blessés.

"Gilets jaunes, colère noire", "Jupiter, redescends sur terre, c'est la misère": l manifestants, qui arboraient parfois un message sur leur gilets, bloquaient des autoroutes, des ronds-points, des hypermarchés ou organisaient des opérations de péage gratuit dans l'ensemble du pays.

Les "gilets jaunes" n'ont pas réussi à bloquer la France, comme ils le voulaient, mais tout le territoire a été touché par leurs actions, ce qui représente un succès certain pour ce mouvement, parti des réseaux sociaux et organisé en dehors des partis politiques et des syndicats.

- Nuit sur les barrages -

Fred, l'un des porte-parole du mouvement à Millau a promis que les manifestants allaient "se relayer toute la nuit". "Si demain il faut continuer on continuera. Et lundi, on continuera s'il n'ont pas compris".

"La différence entre mon brut et mon net, c'est 1.000 euros, voilà pourquoi je suis là aujourd'hui", a déclaré parmi ces manifestants Valentine, 24 ans, intermittente du spectacle qui vit en Seine-Saint-Denis. "Aujourd'hui on travaille pour survivre, plus pour vivre", a renchéri Amandine, 35 ans, assistante maternelle.

Au Pont-de-Beauvoisin (Savoie), une conductrice qui emmenait sa fille chez le médecin a été prise de panique quand les manifestants se sont mis à taper sur sa voiture. Elle a foncé alors sur eux, percutant mortellement une femme de 63 ans.

"J'en appelle à la responsabilité de ceux qui organisent ces manifestations. Ils ont porté un message. Il est entendu", a déclaré le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

Les autorités s'inquiètent de la poursuite du mouvement malgré la nuit: "Les manifestations aujourd'hui bon enfant, ce soir se transforment avec l'arrivée de casseurs", a déploré Richard Lizurey, directeur général de la gendarmerie nationale (DGGN), qui a précisé que des cocktails molotov ont été jetés contre les forces de l'ordre.

- "Signe extérieur de pauvreté" -

Samedi soir un conseiller de l'exécutif a reconnu qu'il y avait "une mobilisation qui est là, il ne faut pas la nier".

Dans l'opposition, certains sont descendus dans la rue: Laurent Wauquiez, le chef de LR, a appelé Macron à comprendre et "corriger ses erreurs".

Des Insoumis participaient aussi aux manifestations. Leur leader Jean-Luc Mélenchon a critiqué sur Twitter une "manipulation des chiffres de participation" et une "dramatisation" de la part du gouvernement. Il s'est rendu place de la Concorde mais sans porter de gilet jaune.

Au 1er janvier 2019, les taxes sur le gazole doivent augmenter de 6,5 centimes d'euro par litre et celles sur l'essence de 2,9 centimes.

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