Mercredi 19 Décembre, 2018

"Gilets jaunes": l'exécutif annule les hausses de taxe pour 2019

Le Premier ministre Edouard Philippe à l'Assemblée nationale,le 5 décembre 2018 à Paris

Le Premier ministre Edouard Philippe à l'Assemblée nationale,le 5 décembre 2018 à Paris

L'exécutif a tenté un geste fort mercredi soir, à trois jours d'une mobilisation à haut risque des "gilets jaunes", en renonçant "pour l'année 2019" aux augmentations de taxes sur les carburants.

"Comme ça il n'y a pas d'entourloupe", a-t-il assuré lors d'un débat avec des "gilets jaunes": "Le président (Emmanuel Macron) je l'ai eu au téléphone il y a quelques minutes. Il m'a dit: +Les gens ont eu l'impression qu'il y avait une entourloupe, qu'on leur disait c'est une suspension mais hop, ça reviendra après+".

Le président Emmanuel Macron a demandé lors du Conseil des ministres "aux forces politiques et syndicales, au patronat de lancer un appel clair et explicite au calme", a rapporté le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux.

"Tous les acteurs du débat public, responsables politiques, responsables syndicaux, éditorialistes et citoyens, seront comptables de leurs déclarations dans les jours qui viennent", a-t-il ajouté.

"La hausse de cette taxe est désormais abandonnée dans le PLF 2019. Elle ne sera pas dans le PLF 2019 et toute solution devra être issue du débat", a dit en conclusion des débats M. Philippe, qui n'avait pas exclu dans l'après-midi que la hausse soit inscrite dans un budget rectificatif "au printemps", à l'issue des débats conduits en région. Il a enfin jugé "nécessaire" un débat sur la réforme de l'Impôt sur la fortune (ISF).

Invité, comme tous les groupes de l'Assemblée, à répondre au chef du gouvernement, le dirigeant Insoumis Jean-Luc Mélenchon a balayé les mesures de l'exécutif, et jugé que la France était "en état d’insoumission générale".

A droite, Christian Jacob, président des députés Les Républicains, a fustigé "le vrai responsable", qui "est à l'Elysée". "En étant incapable de répondre au bon moment aux cris de détresse, venus de tous les milieux, de toutes les classes sociales et de tous les territoires, vous avez semé la discorde et la violence", a-t-il accusé.

- Trois semaines de blocage -

Le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume a lui aussi tenté de temporiser en annonçant le report des ordonnances attachées à la loi Alimentation.

Les "gilets jaunes" ont poursuivi mercredi leurs actions, ciblant toujours des dépôts pétroliers, routes et zones commerciales, mais les stations-service en pénurie de carburants ces derniers jours sont en cours de réapprovisionnement.

De même source, "on constate une vraie radicalisation de certains +gilets jaunes+, comme on a pu le voir dans les comparutions immédiates depuis lundi mais aussi dans leurs propos. Ils se radicalisent par la violence et politiquement."

Fait rare, tous les grands syndicats de salariés nationaux ont décidé de se réunir jeudi. De leurs côté, le syndicat SUD-Rail et la CGT du groupe Lafarge-Holcim ciment ont appelé mercredi à manifester samedi aux côtés des "gilets jaunes" dans toute la France, le syndicat ferroviaire appelant aussi les cheminots à laisser ces derniers voyager "gratuitement" en train.

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