Mercredi 20 Mars, 2019

"Gilets jaunes" - Après la décrue de samedi, l'exécutif mise sur une sortie de crise

Un "gilet jaune" à un rond-point à Saint-Beauzire (centre), salue les automobilistes, le 15 décembre 2018.

Un "gilet jaune" à un rond-point à Saint-Beauzire (centre), salue les automobilistes, le 15 décembre 2018.

Acte V, clap de fin ? L'exécutif espère que la forte baisse de la mobilisation des "gilets jaunes" samedi annonce la sortie d'une crise qui a fait trembler la Macronie. Et compte désormais sur la concertation pour apaiser cette colère sur la durée.

Si tous les blocages ne se lèveront pas en un jour, le gouvernement ne cache pas son soulagement. "Le temps du dialogue est venu", souligne le président de l'Assemblée Richard Ferrand, un très proche d'Emmanuel Macron.

Mais pas question de crier victoire et encore moins de conclure à une quelconque défaite des "gilets jaunes" qui ont obtenu bien plus que les syndicats ou partis d'opposition avant eux.

"Ils ont réussi à faire reculer un pouvoir qui pourtant paraissait très fort", estime Jérôme Sainte-Marie, pour qui le mouvement s'essouffle seulement parce qu'il "n'a plus d'objet, car pas d'objectif précis".

Au-delà des mesures, qui coûteront 10 milliards d'euros à l'Etat, selon Richard Ferrand, les "gilets jaunes" ont réussi à pousser Emmanuel Macron, dépeint en Jupiter en début de mandat, à modifier sa manière d'exercer le pouvoir.

La tentative de rapprochement doit se cristalliser lors du grand débat que l'exécutif lance sur deux mois et demi. Cette "grande concertation nationale", dont les détails doivent être connus dans la semaine, doit s'appuyer fortement sur les maires et aborder quatre grands thèmes (transition écologique, fiscalité, organisation de l'Etat, démocratie et citoyenneté auxquels on a inclus l'immigration).

Selon le président de l'association, Vanik Berberian, la demande est forte. L'ouverture de cahiers de doléances dans de nombreuses communes a rencontré "un très grand succès". "Les questions autour du pouvoir d'achat reviennent régulièrement, mais pas seulement", a-t-il déclaré sur franceinfo.

Après la taxe carbone, les revendications des "gilets jaunes" se sont rapidement élargies à la question globale du pouvoir d'achat avant de déborder sur d'autres thèmes. Samedi, les manifestants étaient nombreux à réclamer l'organisation d'un "RIC", un référendum d'initiative citoyenne.

Les revendications diverses et parfois contradictoires d'un mouvement aussi peu structuré que celui des "gilets jaunes" rendent très difficile toute prédiction quant à son avenir et ses éventuels débouchés politiques.

"Si jamais les mesures concernant le pouvoir d'achat ne sont pas appliquées, il y a un risque de reprise de mobilisation très important. Car les gens ont pris conscience de leur pouvoir", dit-il.

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