Jeudi 19 Septembre, 2019

Gaspillage à l’ONA, un syndicat révèle des informations accablantes

Logo de l'Office National d’Assurance-Vieillesse / ONA

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Multiplication des postes, explosion de la masse salariale, octroi de gros prêts à des particuliers… un certain laisser-aller semble s’installer au sein de l’Office national d’assurance Vieillesse (ONA). Le Bureau exécutif national de la confédération des travailleurs-euses des secteurs public et privé (CTSP), un regroupement syndical, a publié une correspondance en date du 8 janvier, dans laquelle elle révèle des informations accablantes sur le fonctionnement l’institution publique qui gère le fonds de pension des employés publics et privés.

« La masse salariale de l’ONA correspond à environ 60% de son budget et les dépenses d’investissement à plus de 20%. Cela veut dire qu’environ 80% du budget est affecté à d’autres dépenses que celles de sa mission principale qui consiste au paiement des pensions de retraite », révèle tout de go la correspondance. 

Le syndicat cherche à expliquer ce déséquilibre budgétaire par  l’augmentation de la masse salariale de l’ONA, en citant quelques chiffres à l’appui : « le cabinet de l’actuel directeur général de l’ONA compte plus de soixante-dix (70) membres et les lettres de nomination se distribuent comme de petits pains aux membres et sympathisants d’un parti politique. La direction des ressources humaines de l’ONA compte dix-sept directeurs adjoints. La Direction administrative dispose de huit directeurs adjoints. L’ONA-Fanm (structure illégale qui n’est prévue ni par la loi ni par les règlements intérieurs) a onze directeurs adjoints. La Coordination des réseaux compte six directeurs et huit directeurs adjoints. Une brigade nouvellement créée qui compte six assistant-directeurs. La Direction des affaires juridiques a quatre directeurs adjoints. ONA-PAM (structure illégale) compte six directeurs adjoints ».

« Pour cinq mille retraités, l’ONA dispose de quatre mille employés, soit un ratio d’un employé par retraité » révèle le CTSP qui estime que « le salaire d’un membre du cabinet du directeur général est équivalent au salaire de dix-neuf ouvriers du secteur textile et de trente-trois travailleurs et travailleuses domestiques. »

Le syndicat a également dénoncé l’octroi « des prêts mirobolants à un taux très faible, soit 1% sans un minimum de garantie » à « des personnes qui ne cotisent pas à l’ONA (que nous considérons comme des fonds perdus pour la plupart) pendant que les travailleurs-euses qui cotisent connaissent tous les obstacles afin d’obtenir un petit emprunt à un taux faramineux ».

Pour le CTSP, selon la note reprise notamment dans le Nouvelliste, « au lieu d’œuvrer à l’amélioration du fonctionnement de cette partie de la sécurité sociale, d’améliorer les conditions de vie et d’élargir l’accès de ce droit à un plus grand nombre d’haïtiens et haïtiennes, les abus et la corruption qui prévalent à l’ONA contribuent à la destruction des droits, à l’augmentation de la pauvreté des travailleurs/euses, au pillage des fonds et à l’impunité de ceux qui sont à la direction de cet office ».

En sollicitant une « urgente intervention, comme chef de l’administration publique en vue de sauvegarder les fonds et intérêts des travailleurs et travailleuses », l’organisation syndicale formule quelques recommandations : mettre en œuvre une réforme administrative et financière en profondeur pour redresser la situation, faire une gestion rationnelle et transparente à l’ONA, publier les noms de tous les employé(e)s de l’ONA sur le site web de cette institution avec l’indication des services et fonctions assumés et de la Direction à laquelle ces fonctionnaires sont affectés(e)s, réaliser trois audits administratifs et financiers séparés et croisés au sein de l’ONA (un audit interne, un par la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSC/CA) et un par une firme d’audit externe ; fixer par arrêté le salaire et le nombre de conseillers au sein du cabinet du directeur général de l’ONA en particulier et des organismes autonomes en général, passer au crible les prêts, …

Walky Pasteur Yvel Admettre, secrétaire à la communication secrétaire général et Jean Bonald Golinsky Fatal président ont conclu la lettre en poussant un cri d’alarme  en  ces termes « Monsieur le Premier ministre, si rien n’est fait dans les trois prochains mois, l’ONA deviendra inévitablement non fonctionnel pour cause de faillite. »

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