Samedi 24 Octobre, 2020

Gad on kout BIC !

Roosevelt Saillant dit BIC dans sa demeure à Pèlerin 5
Crédit Photo: Page FB BOC TIZON DIFE

Roosevelt Saillant dit BIC dans sa demeure à Pèlerin 5 Crédit Photo: Page FB BOC TIZON DIFE

Le chanteur et lyriciste haïtien Roosevelt Saillant dit BIC, vient de lâcher A suiv, son nouveau produit. Et c'est du lourd! 

« Nan mitan tout pwopozisyon san pidè, pozitivman, tèks mwen jwe wòl telegide ». Voilà une phrase retrouvée dans « Vaksinasyon », l’un des morceaux de Roosevelt Saillant, plus connu sous le nom de BIC Tizon Dife. Une phrase qui va de pair avec l’immuable position que l’artiste ne cesse de réaffirmer à travers la majeure partie de ses œuvres musicales: se dresser contre toutes les imperfections sociétales haïtiennes. Pas une fois, BIC ne s’est démarqué de ses convictions et cet énième morceau qu’il vient tout juste de proposer au public le confirme aisément.

En effet, alors que les positions de bon nombre d’artistes haïtiens gangrènent partout et sont pour la plupart différentes les unes des autres, BIC vient, une énième fois, placer ses mots et se sert pour ce faire, de sa voix et de sa musique, comme à l’accoutumée. Sorti ce mardi 1er octobre 2019, « A suiv » est le nouveau bijou de celui qui vient tout juste de signer son nouvel album titré BICSYONÈ. Un morceau qui s’est propagé sur les plateformes en ligne à une vitesse vertigineuse, et les « lyrics » chantés dans le tube en sont les principales raisons.

Un assemblage des différents maux qui rongent la société haïtienne, voilà ce que fait l’artiste dans ce dernier opus. Indignation, frustration, colère et un regain d’abandon semblent être les différents sentiments dont s’est animé BIC pour la production de « A suiv » dont plus d’un parle. Un produit dans lequel aucun secteur de la vie nationale n’a été épargné : le pouvoir, l’opposition, la presse, la société civile, pour ne citer que ceux-là.

« M pa diferan de Jezikri. Li fèt nan on pak bèt e m fèt nan on kapital ki tounen on pak kochon », chante BIC. Des mots bien choisis pour décrire l’insalubrité dans laquelle la majeure partie de la population est plongée jusqu’au cou. A cela s’ajoute le fait que la seule possibilité qui s’offre à présent à chacun est de laisser le pays et même l’artiste n’en est pas exempt, si on en croit les paroles qu’il prononce à la fin du morceau. « Onètman, m pa kwè m pare pou m mouri pou Ayiti; men kòm mwen prè pou m mouri ak diyite, genlè fò m ta fon ti kite Ayiti ». Sans oublier ses deux filles qui, selon ce que chante l’artiste, ont été obligées de laisser le pays.

Toujours égal à lui-même, BIC chante tout haut ce qui se trame tout bas, sans gêne ni peur aucune. D’ailleurs, il l’a lui-même dit dans “Asuiv”: “Tizon Dife chape deja m pa ka ba l maldjòk”. Une déclaration qui annonce une continuité dans la poésie de l’auteur et aussi cette volonté de l’artiste de toujours mettre à nu ce qui semble être ignoré dans la société.

Un nouveau cri différent des autres, un texte qui pourrait sonner le glas de tant de dérives; la même voix qui dit halte là et le même BIC qui ne cessera de toucher les plaies là où il se doit.

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