Mercredi 18 Septembre, 2019

"Femmes à aimer": une fois de plus, BélO fait des heureuses en prison

L'artiste et initiateur du mouvement "Femmes à aimer'' à la Prison Civile De Cabaret : Jean Belony Murat

L'artiste et initiateur du mouvement "Femmes à aimer'' à la Prison Civile De Cabaret : Jean Belony Murat

Depuis 8 ans, Bélo et ses amis donnent un traditionnel concert pour les femmes en détention dans le département de l’Ouest. Cette année, l’artiste et sa bande ont dessiné une nouvelle fois un sourire sur les lèvres des détenues de la prison civile de cabaret durant la 8e édition de « Femmes à aimer ».

Avec de la musique, du spectacle, des conseils et un buffet, Jean Belony Murat devient le parrain de toutes ces femmes détenues qui sont sous les projecteurs presqu’uniquement le 8 mars, à la journée internationale des droits des femmes. Pour leur remonter le moral, leur redonner de l’espoir, il leur chante la liberté. Oui, la liberté, parce qu’il y a tant de femmes à aimer, parce que l’ennui et la solitude peuvent être sources de déséquilibre mental, parce que la musique doit être par tous et pour tous.

Pour manifester sa solidarité, l’interprète de « lakou trankil » s'exprime à travers sa musique, avec le support de bien d’autres artistes et groupes musicaux tels Je Haïti, Siromiel, Roody Roodboy Alexa, Farah Joseph, qui ont prêté leurs voix à ce mouvement de solidarité.

 

De la solidarité envers les femmes

« Femmes à aimer », un concept qui se veut être le credo de ceux et celles qui se battent pour le respect des droits des femmes, pour une société juste, capable de réinsérer en son sein toutes femmes en contravention avec la loi, explique Jean Bélony Murat, le chanteur et initiateur de ce mouvement qui supporte les femmes détenues à la prison civile de Cabaret.

Sophie* une des détenues dans ce geôle depuis plus de 4 ans, affirme que c’est pour elle une occasion de sourire et joie. « Il ne nous arrive pas souvent d’être tous ensemble réunies, d’être aussi belles à l’intérieur d’une prison pour recevoir de telles attentions », témoigne-t-elle. « Ces journées nous aident à tenir notre moral et à oublier nos souffrances pour une courte durée », avoue-t-elle.

Une forme de plaidoirie

La musique derrière les barreaux est pour Bélo, un moyen d’attirer l’attention des institutions et personnes concernées sur la détention préventive prolongée, un problème endémique pour le système judiciaire haïtien. Par cette initiative, plusieurs organisations de droits humains apportent leur soutient. En Effet, des organismes comme le Bureau des droits humains en Haïti, des anciens boursiers du Département d'État américain, l’Association des maires de l’Ouest d’Haïti ont été aussi présents pour manifester leur solidarité, tout en promettant aux détenues que des démarches relatives à leurs dossiers vont être entreprises.

Des démarches qui doivent être solides et efficaces pour une prison dont les dernières statistiques révèlent jusqu’à la date du 7 mars la prison contenait 252 détenues et que seulement 35 d'entre elles ont été condamnées. Ce qui par déduction, laisse 217 prisonnières de ce centre carcéral en détention préventive prolongée.

Une situation qui témoigne de la violation des droits de 217 puisque l’article 26 de la constitution haïtienne de 1987 stipule qu’un "individu ne sera maintenu en détention au-delà de 48 heures qui suivent son arrestation sans une décision motivée la confirmant du juge appelé à statuer sur sa légalité."

 

Du bonheur même en étant derrière les barreaux

Chaque artiste ayant répondu présent au rendez-vous ont procuré, par leur voix, un moment de bonheur à chaque détenue de la prison civile de Carbaret. Wesley, Rideka et les hommes de J3 ont proposé un beau spectacle, pimenté par les interprétations de l’incontournable Roody Roodboy.

Par gratitude, une jeune détenue nommée Francesca, a remis au nom de toutes ses codétenues, une plaque d’honneur préparée par l’administration pénitentiaire, à BélO, à la fin du spectacle. Un signe qui, pour l’administration de ce centre carcéral, témoigne l’importance et la fiabilité de l’initiative « Femmes à aimer » au regard de tous.

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