Lundi 13 Juillet, 2020

Facebook comptera plus de morts que de vivants d'ici 50 ans

L'on pourrait compter plus de 4 milliards de comptes de personnes décédées[Joël SAGET / AFP]

L'on pourrait compter plus de 4 milliards de comptes de personnes décédées[Joël SAGET / AFP]

Une étude de chercheurs d'Oxford s'interroge sur l'héritage numérique, qui va prendre de plus en plus d'ampleur dans les années à venir. D'ici la fin du siècle, il y aura en effet plus de 4,9 milliards d'utilisateurs décédés sur les réseaux sociaux.

Lorsqu'une personne décède, elle continue d'exister sur Facebook. Car sans mot de passe, difficile de supprimer le compte. De nombreux profils sont donc laissés à l'abandon mais toujours actifs, tandis que certaines personnes décident de transformer les pages en mémoriaux numériques.

Si la question n'est pas nouvelle, selon des chercheurs de l'Oxford Institute Internet (OII) de l'université d'Oxford, le nombre de personnes décédées sur Facebook pourrait surpasser le nombre de personnes vivantes d'ici 50 ans au plus tôt.

4,9 milliards avant la fin du siècle

Publiée en ligne par Big Data & Societyl'étude prévoit que sur la base des niveaux d'utilisateurs de 2018, au moins 1,4 milliard de membres mourront avant 2100.

Dans ce scénario, il y aurait plus de morts présents sur Facebook que de vivants d'ici 2070. En revanche, si la croissance actuelle de Facebook est maintenue (environ 13% par an à l'échelle mondiale), le nombre d'utilisateurs décédés pourrait atteindre 4,9 milliards avant la fin du siècle.

Les situations décrites dans cette étude sont basées sur les données des Nations Unies relatives au taux de mortalité de la population mondiale, répartie par pays et par tranche d'âge.

«Les résultats ne doivent pas être interprétés comme une prédiction, mais comme une observation de l'évolution actuelle et une opportunité de façonner l'avenir vers lequel nous nous dirigeons», explique Carl Öhman, doctorant à l'Oxford Internet Institute et co-auteur de l'étude.

Garder la main sur notre patrimoine numérique

Si ces deux scénarios paraissent un peu extrêmes, ils suggèrent néanmoins une réalité qui pourrait se situer quelque part entre les deux. «Ces statistiques soulèvent de nouvelles questions complexes : qui a le droit d'accéder à toutes ces données et comment les gérer au mieux dans l'intérêt des familles et des amis des défunts?», souligne Carl Öhman. 

Recevez gratuitement les dernières nouvelles d'Haïti et d'ailleurs directement sur votre téléphone en téléchargeant l'App de Loop News :