Lundi 20 Août, 2018

Faada Freddy, l’âme d’une soul généreuse

Le guitariste sénégalais était, hier samedi 17 juin, en concert à l’Institut Français en Haïti dans le cadre des Rencontres des Musiques du Monde./Photo: Eleonore Coyette

Le guitariste sénégalais était, hier samedi 17 juin, en concert à l’Institut Français en Haïti dans le cadre des Rencontres des Musiques du Monde./Photo: Eleonore Coyette

Taper les pieds, claquer chaudement les mains, baigner dans une nappe de sons virevoltants allant de la pop à la soul, du rap au hip hop : ça donne du Faada Freddy. Le guitariste sénégalais était, hier samedi 17 juin, en concert à l’Institut Français en Haïti dans le cadre des Rencontres des Musiques du Monde.

Il foule le sol de la première République noire du monde. Happé par la beauté de cette île qu’il avait hâte découvrir, Faada Freddy rêvait longtemps  de déposer ses valises ici. Guitariste autodidacte, chanteur enfermé dans la case Musiques du monde, merveille du Sénégal, miracle (ou héritier) de la soul,  compositeur doué, Faada Freddy a sa voix et son corps pour instruments. Flanqué de musiciens haïtiens (Emmanuel Jean-Baptiste : batterie, Marc Harold Pierre : percussions, Johnson Saint-Cyr : basse, Marc Paul Sené : piano, chœur : Angel Family), Faada Freddy offrait sur la scène de l’Institut Français en Haïti un généreux set, chantait plus d’une dizaine de titres puisés dans son répertoire et dont deux qui figureront sur son prochain disque.

Gospel, soul généreuse, musique du corps

Faada Freddy gratte en douce les cordes de sa guitare, joue et chante   « Truth », « Lost », Little black sandals », « Reality », « Letter to the lord», «We sing time», «Class dance», «Let it go», «Trouble man»,  «Happy together». Le type tape les pieds, invite le public à claquer les mains avant de glisser dans un univers musical teinté de gospel, de rap, de hip hop, de pop, de Rn’b. C’est que Faada Freddy veut briser les barrières dressées entre les genres. Sa musique est corporelle.

Faada Fredy fait trembler la cour de l’IFH avec quelques bonnes tranches de morceaux gospels dans le cadre de la 3e édition de ce festival qui, initié par l’association Tamise, brasse tous les styles de  musique. C’est son deuxième concert après le premier donné vendredi 16 juin à la salle Unesco de Fokal qui a aussi accueilli la pianiste et chanteuse haïtienne Donaldzie Théodore.

Tresses longues caressant le cou, chapeau noir posé sur son crâne, voix angélique capable d’épouser de grands contours mélodiques, Faada Fredy propose une musique intensément ancrée dans la spiritualité. On trouve chez Freddy du Billie, un peu d’Ella et de Kuti, Bob Marley et du reggae à forte dose.

A ses côtés, une pléiade de jeunes artistes haïtiens qui flirtent avec rap, slam et chant, interprétant deux musiques traditionnelles et sacrées : « Wangol » et « Mèsi Bondye ».  Des claquements de mains,  une sono parfaite, une belle complicité avec des instrumentistes locaux mai surtout ce gros bouquet d’hommages déposés aux pieds de James Germain qui le rejoint sur scène pour chanter  Badèzile.

Beau et inoubliable moment musical passé avec un doux colosse de la soul dans le cadre feutré des Rencontres des Musiques du monde. Deux autres gourous sont attendus demain sur la scène de Fokal à partir de 6h : Manou Gallo, originaire de Divo (Côte d’Ivoire), Leyla McCalla de souche haïtienne.