Mercredi 18 Septembre, 2019

Evans Paul se prononce sur l’organisation du carnaval national

L'ancien premier ministre Evans Paul.

L'ancien premier ministre Evans Paul.

Les festivités carnavalesques sont devenues une pomme de discorde entre les dirigeants politiques. La polémique éclaté en cette fin d’année où le ministère de la culture a dévoilé mercredi 20 décembre dernier les membres du comité chargé d’organiser le carnaval national les 11,12 et 13 février 2018 au grand dam du maire de Port-au-Prince simplement nommé à titre de « Membre d’honneur ».

L’administration municipale de Port-au-Prince est montée au créneau le même jour pour dénoncer son exclusion de comité et défendre le principe que « l’organisation du carnaval reste et demeure une prérogative municipale ».

C’est à ce moment que l’ancien premier ministre Evans Paul revient dans l’actualité comme une sorte de médiateur entre la mairie de Port-au-Prince et l’administration Moïse-Lafontant, appelant les autorités à ne pas se lancer dans la rivalité autour de l’organisation du carnaval national. Ses propos sont rapportés dans le quotidien Le Nouvelliste.

Alors que l’équipe de Youri Chevry soutient qu’elle « continuera les activités de planification du Carnaval 2018 qui ont été entamées depuis plus d’un mois », le leader de KID, proche de Jovenel Moïse, estime qu’ « elle n’a pas les moyens de sa politique ». « C'est le pouvoir central qui détient le plus grand budget. La mairie ne peut pas organiser le carnaval seule sans l’accompagnement de l’exécutif. L’autonomie municipale n’est que théorique », explique-t-il.

M. Paul parle d’expérience. Ayant été à la tête de la mairie de la capitale par le passé, il a dû également faire face à de grandes difficultés pour réaliser organiser les défilés durant trois jours gras. Un épisode qu’il résume brièvement. « À l’époque, en 1991, le gouvernement venait à peine de prendre fonction. L’État central avait débloqué un montant de 4 millions de gourdes le vendredi précédant les festivités. Il fallait négocier avec la banque centrale afin de pouvoir changer le chèque. Il y avait beaucoup de retard dans la planification et les difficultés s'étaient multipliés ».

Évans Paul observe que depuis la chute du Duvalier, les gouvernements qui se succèdent gardent une main mise sur l’organisation de cette grande fête populaire. Une attitude qui selon lui ne profite pas au carnaval. Son conseil aux dirigeants ?  « Il faut donner au peuple son espace pour se divertir. Il faut donner aux créateurs leur espace pour créer. Il faut laisser la chance à un grand spectacle qui sera bon pour le pays en termes de visibilité. Ce qui serait bon pour l’image du pays. Il n’est pas trop tard pour les protagonistes de changer d’attitude ». Selon Le nouvelliste, le leader politique propose la formation d’un comité national avec la mission d'organiser ces festivités sur tout le territoire national.

 

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