Jeudi 3 Décembre, 2020

Espagne: un revers, et tout s'écroule pour le Barça

L'attaquant du Barça Lionel Messi lors du match contre le Real Madrid, le 24 octobre 2020 au Camp nou LLUIS GENE AFP

L'attaquant du Barça Lionel Messi lors du match contre le Real Madrid, le 24 octobre 2020 au Camp nou LLUIS GENE AFP

Tout est à refaire: la lourde défaite du FC Barcelone dans le clasico face au Real Madrid (3-1) samedi est venue rappeler que le festival en Ligue des champions contre Ferencvaros (5-1) mardi n'était qu'une parenthèse enchantée pour un club empêtré dans une crise sans fin.

Pour son premier clasico en tant qu'entraîneur du Barça, Ronald Koeman n'a pas été gâté.

Devant les 99.000 sièges vides du Camp Nou, une première dans la longue histoire de la rivalité entre les deux ogres du football espagnol, son équipe a concédé une deuxième défaite de rang en Liga, après avoir perdu 1-0 à Getafe le 17 octobre.

C'est la première fois depuis plus de quatre ans que le club catalan enregistre deux revers de suite en championnat: à l'époque, en avril 2016 sous Luis Enrique, le FC Barcelone en avait perdu trois de suite contre Valence, la Real Sociedad et... le Real Madrid.

Koeman, appelé à la rescousse il y a deux mois pour succéder à Quique Setién, a pourtant fait des paris risqués qui ont longtemps fonctionné, et le Barça a proposé un de ses meilleurs matches depuis plusieurs semaines.

Le technicien néerlandais a osé mettre le champion du monde français Antoine Griezmann sur le banc pour titulariser un espoir de 17 ans, Pedri, sur l'aile droite. Il a fait confiance à une recrue de 19 ans, Sergino Dest (premier américain à être titulaire lors d'un clasico), pour couvrir le poste d'arrière droit, et à Jordi Alba, de retour après une blessure à la cuisse droite, comme latéral gauche.

- Messi replacé -

Il a surtout fait le pari de positionner le jeune prodige Ansu Fati (18 ans le 31 octobre), seul buteur du Barça samedi et meilleur réalisateur du club catalan depuis le début de saison (5 buts en 6 matches), comme avant-centre, à la place du légendaire capitaine Lionel Messi, replacé dans un rôle de N.10 plus reculé mais plus interventionniste.

Malgré quelques défauts à corriger (un double-pivot Sergio Busquets - Frenkie De Jong moins présent, des changements trop tardifs après la 80e), Koeman a réussi à insuffler de la couleur au Barça, qui a fait jeu égal avec le Real de Zinédine Zidane, avant le KO asséné par Sergio Ramos sur penalty à la 63e minute.

Pour la première fois depuis bien longtemps, le Barça a retrouvé des solutions grâce à des combinaisons de passes dans des espaces réduits, ce qui constitue son ADN.

Si le bilan comptable est inquiétant avec sept points en cinq matches, synonyme de 12e place provisoire avant les rencontres de dimanche, ce n'est pas sur le terrain que les difficultés du club blaugrana se ressentent le plus.

Cette défaite rappelle aux supporters et dirigeants que leur club vit une crise quasi permanente depuis janvier 2020.

"En un clin d'oeil, la crise du Bernabeu a été transférée vers le Camp Nou", a résumé Marca, le journal le plus vendu d'Espagne, dans son édition de dimanche, en référence à l'ombre du limogeage qui s'est éloigné de Zinédine Zidane au Real Madrid après le succès probant de son équipe.

- Réunion au sommet lundi -

Lundi, selon la presse catalane, le président Josep Maria Bartomeu va réunir son comité de direction pour décider s'ils doivent continuer à résister jusqu'au vote de censure qui pèse sur eux, ou s'ils présentent leur démission auparavant.

La motion de censure lancée en août par des opposants et des futurs candidats à la présidence du club a cumulé le nombre suffisant de signatures de socios (supporters-actionnaires), et son objectif est de destituer Bartomeu et la direction actuelle avant les élections de mars 2021 et la fin de leur mandat, prévue normalement à l'été 2021.

Le coup de gueule de Koeman samedi soir en conférence de presse d'après-match contre le penalty sifflé pour Ramos à l'encontre de Clément Lenglet a un temps détourné l'attention des analystes et supporters catalans.

Mais le Barça n'a pas vraiment le temps de souffler: il affronte la Juventus Turin de Cristiano Ronaldo mardi en Ligue des champions, une nouvelle épreuve du feu pour un club qui tarde à se reconstruire.

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