Samedi 15 Juin, 2019

France: L'Elysée licencie Benalla, l'homme qui a battu le manifestant

Capture de la vidéo filmée par un militant LFI montrant Alexandre Benalla maîtrisant violemment un manifestant le 1er-Mai à Paris

Capture de la vidéo filmée par un militant LFI montrant Alexandre Benalla maîtrisant violemment un manifestant le 1er-Mai à Paris

Face à une crise sans précédent, l'Elysée a annoncé vendredi qu'il licenciait son collaborateur Alexandre Benalla, placé en garde à vue après une vidéo le montrant frapper un manifestant le 1er-Mai, sans parvenir à calmer l'indignation des parlementaires qui ont interrompu leurs travaux.

M. Benalla n'est pas licencié pour les violences du 1er-Mai mais pour avoir reçu des enregistrements vidéo le concernant: il "aurait été destinataire d'un document de la préfecture de police qu'il n'était pas autorisé à détenir", explique l'Elysée.

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, qui a "condamné lourdement" ces agissements, doit être entendu au Sénat mardi à 17H45.

Il est visé pour des faits de violences en réunion par personne chargée d'une mission de service public, d'usurpation de fonctions, de port illégal d'insignes réservés à l'autorité publique et de complicité de détournement d'images issues d'un système de vidéo-protection.

Vincent Crase, un gendarme réserviste et agent d'accueil pour LREM qui était avec Alexandre Benalla le 1er mai, a également été placé en garde à vue vendredi.

Les investigations ont été confiées à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) ainsi qu'à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).

Les vidéos montrant M. Benalla, chargé de mission auprès du chef de cabinet de la présidence de la République et chargé de la sécurité, coiffé d'un casque à visière, en train de frapper un jeune homme et une jeune femme le 1er-Mai, ont généré un flot de critiques et de questions.

Dans une grande tension, des députés des oppositions accusent Gérard Collomb de "mensonges", demandant que le ministre, voire le Premier ministre, vienne s'expliquer après de nouvelles informations de presse selon lesquelles M. Collomb était au courant dès le 2 mai.

Au coeur de la tourmente, Emmanuel Macron est resté silencieux, refusant de répondre aux questions des journalistes. Il travaillera ce week-end à la Lanterne près de Versailles "comme d'habitude", selon l'Elysée.

Les critiques sur des thèmes chers à Emmanuel Macron comme l'autorité de l'Etat et l'exemplarité n'ont pas manqué.

Vu la pression politique et médiatique, le licenciement de M. Benalla "était évidemment la seule issue possible", a réagi vendredi le député LREM Matthieu Orphelin.

"Le vrai scandale ça n'est pas Benalla, c'est l'Elysée, l'Elysée qui fait le choix de la dissimulation", a ajouté M. Wauquiez.

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