Mercredi 17 Juillet, 2019

En Jordanie, les réfugiés palestiniens inquiets de la fin de l'aide américaine

Zeinab al-Ardaba, une réfugiée palestinienne de 78 ans, dans le camp de Baqa'a, en Jordanie, le 2 septembre 2018

Zeinab al-Ardaba, une réfugiée palestinienne de 78 ans, dans le camp de Baqa'a, en Jordanie, le 2 septembre 2018

"Nous avons déjà perdu notre pays, maintenant ils menacent nos moyens de subsistance", soupire Zeinab al-Ardaba, dans le camp de réfugiés palestiniens de Baqaa, en Jordanie, sous le choc après la fin des aides américaines à une agence de l'ONU aidant ces exilés.

Cette grand-mère de 78 ans, au visage ridé entouré d'un voile bleu, vit dans le camp depuis sa construction en 1967, après la guerre dite des "Six-jours" durant laquelle Israël s'est emparé de la Cisjordanie et de la bande de Gaza.

"Où devrions-nous aller? Maintenant qu'ils s'en prennent même à nos moyens de subsistance... Comment pouvons-nous être censés payer pour l'école si nous n'arrivons déjà pas à joindre les deux bouts?", se demande-t-elle.

Les Etats-Unis, qui étaient les plus grands contributeurs au budget de l'Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), ont annoncé vendredi qu'ils cessaient leur financement à cette organisation, l'accusant de mener des activités "irrémédiablement biaisées".

Créée en 1949, l'Unrwa aide plus de trois millions de Palestiniens sur les cinq millions enregistrés comme réfugiés, notamment à travers un réseau de plus de 700 écoles et de centres de santé, dans les territoires palestiniens mais aussi au Liban, en Jordanie et en Syrie.

"Seul Dieu connait les conditions difficiles auxquelles nous sommes confrontés dans les camps. Il est compliqué de trouver du travail et beaucoup sont au chômage, sans argent... La vie est difficile, très difficile", témoigne Mme Al-Ardaba.

Selon l'ONU, la Jordanie accueille près de 2,2 millions de réfugiés palestiniens, soit près de la moitié de sa population.

"Mais qu'importe ce qu'ils nous font, nous les Palestiniens, nous survivrons", assure cet homme frêle.

Soutenu par Washington, Israël accuse l'organisation de "perpétuer le conflit" israélo-palestinien en entretenant l'idée - à laquelle il s'oppose - que de nombreux Palestiniens sont des réfugiés dotés du droit au retour sur les terres qu'ils ont fuies ou dont ils ont été chassés lors de la création d'Israël.

"Si les Américains ne veulent pas nous aider, ils peuvent nous rendre notre pays, nos terres et nos propriétés", dit Najiya Faraj.

"Plus d'un demi siècle après nous avoir expulsés de nos maisons, ils s'attaquent à nos vies et à nos moyens d'exister. Que veulent-ils de nous?"

"Que Dieu vienne en aide à ces gens. Ils peuvent à peine trouver du pain pour nourrir leurs enfants... Que va-t-il leur arriver ?", s'interroge-t-il.

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