Dimanche 22 Septembre, 2019

Qui était Elie Lescot ? Ami du dictateur dominicain Trujillo

Ce 20 octobre  2017  rappelle le 43e anniversaire de la mort d’Elie Lescot, ancien président haïtien (1941-1946). Trujillo qui a encouragé le massacre des milliers d’Haïtiens sur son territoire en 1937, se fit passer pour son ami personnel.

Le Président de la République d’Haïti, Elie Lescot, est né à St. Louis du Nord, localité située aux environs de Port-de-Paix, dans la province du Nord-ouest. Son père était ferblantier et ne jouissait d’aucun privilège réservé aux nantis. Il a fait ses études au Cap-Haïtien. Il était un homme de couleur griffe et son frère Henri Lescot avait la peau noire. Une de ces filles Andrée à la peau noire.
Les ennemis politiques d’Elie Lescot mijotaient déjà leur agenda politique. Ils voulaient saper sa popularité et préparer l’avènement du communisme sous le couvert du noirisme. Un coup d’Etat épidermique qui sera en réalité une tentative de révolution socialiste dite de 1946 fomentée par Gerald Bloncourt, René Depestre de la « ruche », Clovis Desinor (mouvement Ouvrier Paysan MOP qui en effet est un acronyme mais qui signifie le mot Anglais « mop » le genre de balai à toile qu’on utilise pour nettoyer le plancher en Amérique), Daniel Fignolé, Jacques Édouard Alexis, etc.

Ces communistes fuyant l’avance des troupes allemandes en France se sont retrouvés dans les salons de la rue Capois et de l’avenue Nicholas en Haïti. C’était les bourgeois révolutionnaires qui voulaient contrecarrer la politique capitaliste pro-américaine d’Elie Lescot. Trotski, le cerveau de la révolution bolcheviste séjourna sur invitation en Haïti parmi ses partisans communistes.

Le Président Lescot fut le premier président d’une nation noire qui contribua effectivement à l’effort de guerre contre l’Allemagne Nazi. Il remettra au Président Américain un chèque de 1 millions de dollars, argent recueilli de la population haïtienne toute entière, des écoliers qui donnaient 5 centimes par jour, aux travailleurs qui participaient à cet effort collectif. Il a été reçu à Washington au « Blair House » parce que les hôtels ne recevaient pas les noirs. Il est paradoxal qu’un homme comme Elie Lescot arbore des préjugés de type racial. Malgré ses bonnes relations avec les Etats-Unis, il a été invité par le Canada lors de son départ pour un exil manigancé par Paul E. Magloire. Durant sa présidence, Estimé lui coupa sa pension, un acte déshonorable. La contribution d’Haïti à l’effort de guerre a été très importante sous le gouvernement d’Elie Lescot. Il a crée la Société Haitiano-Américaine de Développement Agricole (SHADA) quand les alliés perdissent l’approvisionnement en caoutchouc des pays du Sud-ouest asiatiques par l’invasion des troupes nipponnes. Nous avons hérité le « crepsol » (caoutchouc haïtien) par la suite. A la création des Nations-Unies (ONU), Haïti insista pour que le Français soit une des langues de travail de l’assemblée générale.

Elie Lescot épousa en seconde noces Georgina St. Aude, cousine germaine de ma grand’mère Suzela St. Aude. Il reçut le support de la famille pendant sa présidence. Selon les informations puisées dans les annales familiales, Elie Lescot n’avait aucun préjugé de couleur, il voulait s’entourer de personnes compétentes pendant toute son administration. Il était un bon ami du Dr. Jean Price-Mars qui fréquentait souvent le Palais national. C’est la raison pour laquelle, il recruta des hommes intelligents et capable comme Jacques C. Antoine, Joseph Raphaël Noël, François Georges, Théophile Richard, le sénateur Raoul Piquion et le député Dumarsais Estimé, Mr. Edgar Pierre-Louis, neveu d’Anténor Firmin, le major noir Paul Eugène Magloire qui remplaça le mulâtre Durcé Armand qui a été limogé. C’est ce même Paul Eugene Magloire qui fera le coup d’Etat contre son bienfaiteur Elie Lescot.

Les communistes haïtiens ont déclenché la grève des étudiants, successivement les écoles de la capitale étaient forcées de fermer leurs portes, Oneide, Lycée Pétion, Lycée des jeunes Filles, St. Martial, Sacré-Cœur, St. Louis de Gonzague, etc. Les frères de St. Louis barricaderont l’école, pour gagner du temps et leur permettre d’évacuer, par la sortie (pas trop connue) donnant sur la Grande Rue (Port-au-Prince), le fils de Président « ti-Elie » Lescot qui était un de leurs étudiants et que les communistes voulaient kidnapper. Tous les enfants et les jeunes étaient dans la rue. Ils ont quitté leurs salles de classe pour scander dans la rue « A bas Lescot » poussés par les communistes agitateurs. 

Quand Dumarsais Estimé deviendra Président son premier acte était d’octroyer à ces communistes des bourses d’études en France pour les enlever du contexte haïtien. Tous les gouvernements haïtiens successifs purgeront systématiquement le parti communiste de son contenu, lequel est maintenant qu’un squelette politique.

Recevez gratuitement les dernières nouvelles d'Haïti et d'ailleurs directement sur votre téléphone en téléchargeant l'App de Loop News :