Dimanche 13 Octobre, 2019

Pourquoi adopter l'"éducation positive" et sans violence en Haïti

L’éducatrice Haïtienne, Clerna Louis Jeune

L’éducatrice Haïtienne, Clerna Louis Jeune

L’éducation traditionnelle est souvent basée sur récompense/punition. Ainsi, les parents fouettent leur enfants en cas de désobéissance et les professeurs offrent des récompenses aux élèves ayant eu les meilleurs notes. Il s'agit d'une mauvaise méthode, selon l'éducatrice Clerna Louis Jeune, reçue à Loop Haiti pour une entrevue.

Cette méthode ancestrale pratiquée depuis des siècles laissent souvent des traumatismes chez l’enfant qui le poursuivent toute sa vie. C'est pourquoi Clerna Louis Jeune propose une toute autre approche : l’éducation positive. Il s'agit d'une méthode d’apprentissage diamétralement opposée à l’éducation traditionnelle. « Une éducation sans coercition physique », qui porte plus de fruits pour les enfants et qui surtout les aide à mieux se développer et comprendre le pourquoi des choses, selon l’ancienne de la faculté des sciences humaines (FASCH) qui plaide en faveur d'une "éducation sans violence".

« Dans l’éducation traditionnelle, ce qui motive les enfants, c’est la récompense. « Tout ce qu’ils font, ils le font pour obtenir une récompense, » confie Louis Jeune, ajoutant que les enfants agissent "mal" en revanche sont punis et souvent laissés dans le chaos par le système. En outre, ces derniers ont souvent du mal à s’en sortir parce que ce système d’éducation n’apporte pas de solution à leur difficulté.

A l’inverse, l’éducation positive développe le « sentiment d’entre-aide chez l’enfant » et le permet de se rendre compte que ce qu’il apprend c’est pour ses bienfaits et ils lui seront utiles à l’avenir. « Dans l’éducation positive, on ne punit pas ceux qui ont du mal à réussir, au contraire, on se réunit avec eux et on développe un plan de sauvetage pour apporter une solution aux problèmes » déclare la fondatrice d’Education Sans Violence »

L’Education commence au sein de la famille

« Se depi lakay pou bay timoun nan bonjan ledikasyon », souligne celle qui croit que la première société d’un enfant, c'est sa famille. Il incombe donc à chaque famille d’inculquer aux enfants les valeurs nécessaires à son développement. Si en Haïti, les parents pensent que le "bâton" sert à dresser les enfants, la spécialiste croit que cette croyance est erronée.

Ce qui n’est pas la meilleure méthode selon l’éducatrice haïtienne. Pour Louis Jeune, le bâton ne corrige pas l’enfant, il lui fait peur et cause des dégâts physiques et psychologiques chez la victime qui des fois ne comprend pas son environnement. « Les enfants n’ont pas à s’adapter à l’environnement ». scande-t-elle, mais plutôt c'est à dernier de s’adapter à l’enfant.

De 0-3 ans, les enfants aiment toucher à tout ce qui est dans leur entourage. Parfois, des objets dangereux (pointus), tels que les fourchettes, couteaux… sont à leur portée. En y touchant, ils se font toujours crier de dessus et certains reçoivent même une claque. « Ce n’est pas juste », s’indigne Louis Jeune, informant que c'est aux parents de faire en sorte que ces matériels soient hors de la portée de ces innocents.

Maintenant, que faire quand un enfant viole une règle de la maison ? Il suffit de trouver « un accord » avec son enfant, nous dit-elle. Une entente pour permettre aux enfants de comprendre les conséquences de ses actions ou de la violation de la règle en question. Si tu fais telle chose, tu n’auras pas droit à telle chose. Et quand il le fait, vous lui posez tout simplement la question: "Tu te rappelles ce qui va se passer quand tu fais ça?" De cette manière, on rend l’enfant conscient de son acte et on lui apprend le pourquoi des choses, grâce à un accord avec lui.

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