Lundi 20 Janvier, 2020

Edmond Mulet : « Haïti est un Etat défaillant »

L’ancien chef de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH), Edmond Mulet en République dominicaine.

L’ancien chef de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH), Edmond Mulet en République dominicaine.

De passage en République dominicaine la semaine dernière, l’ancien chef de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH), Edmond Mulet, a évoqué la situation actuelle d’Haïti à l’occasion d’une conférence.

Edmond Mulet était en République dominicaine sur l’invitation du député Victor (Ito) Bisonó Haza, président du Centre d'analyse des politiques publiques, afin de donner une conférence sur Haïti. « Haïti est un Etat défaillant […] », a insinué le diplomate guatémaltèque, soulignant les lacunes accumulées au niveau du système judiciaire haïtien, surtout dans le milieu carcéral.

Interviewé par Listin Diario, il a expliqué que « le problème en Haïti est le manque d'institutions, l'ingouvernabilité, la corruption et le trafic de drogue, ce qui profite à de nombreux secteurs et aux élites politiques, économiques et sociales haïtiennes ».

À son avis, l’absence d’une mission de maintien de la paix en Haïti participe à l’instauration de ce climat d’instabilité qui prévaut dans le pays. À ce sujet, il rejette la décision de Donald Trump, il y a trois ans, qui avait réduit « la contribution des Etats-Unis » aux opérations de maintien de la paix et proposé la fermeture de la mission des Nations Unies en Haïti. Pour lui, la politique du président américain était une grave erreur.

Dans la foulée, Edmond Mulet estime que la crise humanitaire en Haïti peut déclencher un exode massif de migrants haïtiens en République dominicaine, à la recherche, dit-il, de nourriture et d'un abri. En ce sens, il souhaite que « le gouvernement dominicain et son ministère des Affaires étrangères mobilisent la communauté internationale, attirent l'attention et demandent de l'aide pour adopter des initiatives officielles ».

Car, rajoute-t-il, « toute action militaire ne suffira pas à arrêter 80 000 Haïtiens ou plus qui souhaitent franchir la frontière ».

 

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