Vendredi 24 May, 2019

Echec d'une tentative de coup d'Etat au Gabon

Pour la première fois dans l'histoire du Gabon, un groupe de militaires est apparu lundi à l'aube à la radiotélévision nationale, appelant à un soulèvement et annonçant la prochaine formation d'un « Conseil national de restauration » de la démocratie.

Pour la première fois dans l'histoire du Gabon, un groupe de militaires est apparu lundi à l'aube à la radiotélévision nationale, appelant à un soulèvement et annonçant la prochaine formation d'un « Conseil national de restauration » de la démocratie.

Une tentative de coup d'Etat menée par une poignée de soldats a échoué lundi au Gabon, pays dont le président, malade, est absent depuis deux mois et demi et où le gouvernement n'assure plus que les affaires courantes.

Quelques heures plus tard, le calme était "revenu" et la situation était "sous contrôle", selon le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Guy-Bertrand Mapangou.

Les forces de sécurité ont été déployées dans la capitale et elles le resteront pour les prochains jours afin de maintenir l'ordre, a-t-il ajouté, mais, selon lui, les frontières du pays restent ouvertes.

L'AFP a constaté le déploiement de la garde républicaine autour de la RTG où des coups de feu ont été entendus. Des blindés des forces de sécurité gabonaises ont en outre bloqué l'accès à l'un des grands boulevards de Libreville.

Dans un quartier populaire proche de la radio, des dizaines de jeunes ont incendié une voiture et enflammé des pneus, semblant vouloir répondre à l'appel au soulèvement des mutins, a constaté l'AFP. Les forces de l'ordre tiraient du gaz lacrymogène pour tenter de la disperser.

Deux militaires, coiffés des bérets verts de la GR et tenant des fusils d'assaut, se tenaient derrière lui.

"Nous ne pouvons abandonner la patrie", a-t-il déclaré en jugeant "illégitimes et illégales" les institutions mises en place pendant l'absence du président Bongo.

Victime d'un accident vasculaire cérébral (AVC) le 24 octobre dernier en Arabie saoudite, le chef de l'Etat, âgé de 59 ans et dont la famille est au pouvoir depuis 1967, a été transféré ensuite à Rabat, au Maroc, où il poursuit depuis sa convalescence sans qu'aucune date n'ait été fixée pour son retour au Gabon.

"Si vous êtes en train de manger, arrêtez. Si vous êtes en train de prendre un verre, arrêtez. Si vous dormez, réveillez-vous. Réveillez vos voisins (...), levez vous comme un seul homme et prenez le contrôle de la rue", a encore déclaré le militaire à la radio.

Il a appelé la population à les soutenir, "pour sauver le Gabon du chaos".

Dans son message lu lundi à la radio nationale, le militaire a dénoncé la "confiscation du pouvoir par ceux qui le 31 août 2016 ont fait assassiner nos jeunes compatriotes", en référence aux troubles qui avaient suivi la dernière élection présidentielle qui avait vu la réélection, contestée par l'opposition, d'Ali Bongo.

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