Dimanche 24 Mars, 2019

Echec d'un coup d'Etat au Gabon, le chef du commando arrêté

Des gendarmes gabonais patrouillent dans le quartier Cocotiers près du siège de la radio-télévision nationale (RTG) à Libreville, le 7 janvier 2019

Des gendarmes gabonais patrouillent dans le quartier Cocotiers près du siège de la radio-télévision nationale (RTG) à Libreville, le 7 janvier 2019

Une tentative de coup d'Etat menée par une poignée de soldats a échoué lundi au Gabon, pays dont le président, malade, est absent depuis deux mois et demi et où le gouvernement n'assure plus que les affaires courantes.

Pour la première fois dans l'histoire du Gabon, un groupe de militaires est apparu lundi à l'aube à la radio-télévision nationale (RTG), à Libreville, appelant à un soulèvement et annonçant la prochaine formation d'un "Conseil national de restauration" de la démocratie.

Les forces de sécurité ont "pris le bâtiment (de la radio) d'assaut, abattu deux membres du commando et libéré les otages", selon le communiqué. Les six membres du commando, après avoir "neutralisé" les gendarmes devant la RTG ont "intercepté et séquestré cinq journalistes et techniciens" et lu leur communiqué, selon la même source.

En revanche, internet était coupé dans Libreville, a constaté un journaliste de l'AFP.

Paris a également condamné cette tentative de coup d'Etat, appelant au "strict respect" de la Constitution dans cette ancienne colonie française et pays producteur de pétrole.

L'AFP a constaté dans la matinée le déploiement de la Garde républicaine autour de la RTG où des coups de feu ont été entendus. Des blindés des forces de sécurité gabonaises ont en outre bloqué l'accès à l'un des grands boulevards de Libreville.

Les forces de l'ordre ont tiré des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants mais la situation était calme dans le reste de la ville.

Le mouvement "demande à tous les jeunes des forces de défense et de sécurité et à toute la jeunesse gabonaise de se joindre à nous", a déclaré le militaire en annonçant la prochaine formation d'un "Conseil national de restauration" afin de "garantir au peuple gabonais une transition démocratique".

Victime d'un accident vasculaire cérébral (AVC) le 24 octobre dernier en Arabie saoudite, le chef de l'Etat, Ali Bongo Ondimba, âgé de 59 ans et dont la famille est au pouvoir depuis 1967, a été transféré ensuite au Maroc, où il poursuit depuis sa convalescence sans qu'aucune date n'ait été fixée pour son retour au Gabon.

"Si vous êtes en train de manger, arrêtez. Si vous êtes en train de prendre un verre, arrêtez. Si vous dormez, réveillez-vous. Réveillez vos voisins (...), levez vous comme un seul homme et prenez le contrôle de la rue", a encore déclaré le militaire à la radio.

Il a appelé la population à les soutenir, "pour sauver le Gabon du chaos".

Dans leur message, les militaires putschistes ont dénoncé la "confiscation du pouvoir par ceux qui le 31 août 2016 ont fait assassiner nos jeunes compatriotes", en référence aux troubles qui avaient suivi la dernière élection présidentielle qui avait vu la réélection, contestée par l'opposition, d'Ali Bongo.

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