Mardi 26 May, 2020

24 janvier 1971, François Duvalier désigne son fils, son successeur

"[...] c'est un Papa Doc amaigri, voûté, le regard terne, qui posait sa main fragile sur l'épaule d'haltérophile de son fils Jean-Claude […], fraîchement désigné «successeur» du président à vie", rapporte Marcel Niedergang dans son ouvrage "La mort de l'ubu noir".

"[...] c'est un Papa Doc amaigri, voûté, le regard terne, qui posait sa main fragile sur l'épaule d'haltérophile de son fils Jean-Claude […], fraîchement désigné «successeur» du président à vie", rapporte Marcel Niedergang dans son ouvrage "La mort de l'ubu noir".

Dans « La mort de l’ubu noir » (Le Monde, 24 avril 1971, p.1.), le journaliste français Marcel Niedergang brosse le portrait du cynique François Duvalier qui désigna, 24 janvier 1971, son fils Jean Claude président à vie.

«  À sa dernière apparition en public, c'est un Papa Doc amaigri, voûté, le regard terne, qui posait sa main fragile sur l'épaule d'haltérophile de son fils Jean-Claude […], fraîchement désigné «successeur» du président à vie. Geste dérisoire et symbolique d'un homme s'efforçant désespérément d'assurer une «dynastie», bâtie sur l'ambiguïté, un verbalisme délirant et la répétition jusqu'à l'obsession d'un catéchisme «révolutionnaire» qui a fini par impressionner certains de ses proches.

A l’époque, la constitution de 1964 en vigueur fixait l’âge de la majorité à 21 ans. François Duvalier allait réduire l’âge de la majorité à 18 ans pour que son fils devienne « présidentiable », selon ce que rapporte Rony Gilot, auteur du livre « Au gré de la mémoire : Jean-Claude Duvalier ou la chance galvaudée ». Mais pour y parvenir, le président autoproclamé à vie entreprit une démarche légale dès les années 64 alors que son intention sera dévoilée à la fin des années 70.

Selon certaines sources citées par Rony Gilot, c’est le 31 janvier 1971 que les articles devant amender la constitution allaient être approuvés par la chambre.

« Hâtivement, la chambre monocamérale approuva les 13 articles devant amender la Constitution de 1964 et donner une façade légale et constitutionnelle à cette démarche. L'un des articles réduisit l'âge minimum d'un président haïtien à 18 ans, et le 31 Janvier 1971, le peuple fut invité à ratifier le choix et les amendements à travers un référendum. Ainsi donc, quand François Duvalier, implacable et combatif, rendit l'âme en Avril 1971, la succession s'opéra sans heurt et sans une ferme opposition de l'intérieur. Le 22 Avril 1971, Jean-Claude Duvalier prêta le serment d'usage et devint le 38ème chef d'Etat haïtien ».

« Mais que de sang aussi, que d'intrigues dans les couloirs du palais et de la caserne Dessalines, poursuit Marcel Niedergang,  que de meurtres cyniquement assumés, que de désarroi dans les clans qui se surveillaient à l'ombre de ce despotisme héréditaire.»

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