Vendredi 6 Décembre, 2019

Douze femmes victimes de viol à la prison civile des Gonaïves

Une douzaine de détenues victimes de viol lors d'une mutinerie au sein de la prison principale de la ville des Gonaïves.

Les douze (12) femmes qui étaient incarcérées à la prison civile des Gonaïves ont toutes été violées lors de la tentative d’évasion du 7 novembre dernier, a appris la rédaction de LoopHaïti au près de Louisette Vertilus, responsable de droits humain et coordonnatrice de la plateforme ‘’PLAFODA’’ (Platfòm Fanm Òganize pou Devlope Latibonit). Elle nous a également confié que la détenue responsable de la cellule pour femme, qui avait, dans un premier temps, gardé le silence avait finalement avoué avoir été, elle aussi, victime.

Vertilus, qui informe avoir pris le temps d’investiguer sur l’incident, souligne que la prisonnière la moins victime a été violée par deux hommes. « La victime, rescapée de cette série de viol, est épargnée de nombreux autres prisonniers grâce à son mari qui lui-même est un détenus » a-t-elle déclaré dans une interview accordée au journaliste de la radio ‘’Antenne Continentale’’ Frantz Renel Lebrun.

Un autre responsable de droits humains, Michelet Dorgil, coordonnateur de l’organisation ‘’MEDA’’ (Men Ansanm pou Defans Dwa Moun) souligne qu’il a été terrifié par la nouvelle. Selon le juriste, « il est confirmé que plusieurs d’entre les détenus sont séropositifs », ce qui laisse croire que les prisonnières victimes de violes risquent d’être infectées par le VIH SIDA.

Ces victimes qui allaient être transférées à Saint-Marc trois jours après, soit samedi dernier, ont été prises en charge par les autorités sanitaires en collaboration avec des membres de l'organisation Health Through Walls et de la Fondation « Zanmi Lasante ». Elles ont bénéficié d’un traitement prophylactique contre le VIH et la grossesse, informent la représentante du ministère à la condition féminine et une autre responsable d’une organisation locale de défense des droits humains. Toutefois, aucun appui psychologique n’a encore été accordé à ces personnes alors qu’il se révèle nécessaire pour éviter notamment des troubles post-traumatiques et de dépressions chez les victimes, explique le Docteur en Psychologie Clinique, Jeff Matherson Cadichon.

La directrice exécutive de la Fondation Je Klere, Marie Yolène Gilles, informe que son organisation travaille actuellement sur le dossier. La militante des droits humains dénonce l’irresponsabilité de l’Etat qui, selon elle, n’a pas pris les dispositions nécessaires pour faciliter le bon fonctionnement des prisons et pour assurer le respect des droits des détenus.

Lors de cette tentative d’évasion, des détenus avaient emporté l’arme de service du responsable en de la prison. Des échanges de tirs s’en étaient suivis entre les prisonniers et la police qui avait pu finalement avoir le contrôle de la situation. Selon les informations dont dispose la rédaction, cette mutinerie lancée par les prisonniers pour réclamer de meilleures conditions de détentions, de la nourriture ainsi que de l’eau pour se doucher, aurait parallèlement engendré la mort d’un détenu, Rodney Lamour, qui lors de l'incident a été touché d’une balle au ventre.

Les autorités policières qui ont pu prendre en main la situation au sein de ce centre pénitencier environ 18 heures après l’incident, annoncent que les prisonniers ont été transférés dans plusieurs autres prisons du département afin de mieux rétablir l’ordre et réparer les dégâts causés.

Jésula Simon et Marc Evens Lebrun

 

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