Mercredi 20 Novembre, 2019

Devant les sénateurs, Benalla répond a minima

L'ancien chargé de sécurité de l'Elysée Alexandre Benalla lors d'une audition au Sénat à Paris

L'ancien chargé de sécurité de l'Elysée Alexandre Benalla lors d'une audition au Sénat à Paris

"Je ne pourrai pas répondre" : Alexandre Benalla, ex-collaborateur d'Emmanuel Macron, s'est obstinément refusé lundi à donner suite aux principales questions du Sénat sur ses passeports, en se retranchant derrière l'instruction judiciaire en cours, suscitant l'agacement et la mise en garde des parlementaires.

Mais, une fois ce propos liminaire achevé, M. Benalla s'est refusé à répondre à de nombreuses questions des sénateurs: "information judiciaire en cours" et "droit à la non auto-incrimination", a-t-il fait valoir.

"La personne qui refuse de déposer devant une commission d'enquête est passible de deux ans d'emprisonnement et 7.500 euros d'amende", lui a rappelé, menaçant, Philippe Bas (LR), le président de la commission. Le co-rapporteur, Jean-Pierre Sueur (PS), a souligné que le silence de M. Benalla "engendre le soupçon".

- Ni noms, ni fonctions -

"23 fois", a rectifié crânement le jeune homme de 27 ans, "pour justifier simplement de mon identité", dont une dizaine de fois dans un avion privé, s'est-il justifié.

Depuis sa première audition en septembre, de nouvelles questions s'étaient accumulées, au fur et à mesure d'autres révélations sur les activités de l'ex-proche collaborateur d'Emmanuel Macron, notamment en Afrique où il a rencontré le président tchadien Idriss Déby.

Concernant son déplacement au Tchad, l'Elysée n'avait pas été informé en amont. Les voyages de M. Benalla à l'étranger n'avaient "aucun rapport" avec ses précédentes fonctions à l'Elysée, a-t-il assuré.

De même, alors que Patrick Strzoda avait affirmé la semaine dernière que M. Benalla avait été en possession de deux passeports de service, soupçonnant que l'un d'eux ait été obtenu, le 28 juin 2018, via une "falsification", l'ancien chargé de la sécurité du candidat Macron a opposé le silence et le secret de l'instruction.

Les parlementaires ont ensuite auditionné, là-aussi pour la deuxième fois, Vincent Crase, un ex-employé du parti présidentiel LREM et chef d'escadron dans la réserve opérationnelle de la gendarmerie, qui a demandé en vain être entendu à huis clos.

Le port d'arme dont disposait l'ancien chargé de mission, qui a réfuté tout rôle de garde du corps, avait été longuement questionné et les réponses avaient laissé les sénateurs dubitatifs.

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