Lundi 19 Février, 2018

Devant la FASCH, policiers et étudiants s'affrontent

Un passant court pour éviter d’être atteint par une pierre ou par du gaz lacrymogène. Photo : LoopHaiti/Estailove St-Val

Un passant court pour éviter d’être atteint par une pierre ou par du gaz lacrymogène. Photo : LoopHaiti/Estailove St-Val

Roches, gaz et rush ! L’ambiance qui sévit ce vendredi après-midi aux alentours de la Faculté des Sciences Humaines (FASCH), à l'Avenue Christophe, invite à éviter les parages. Brigandage ! Dans cette guéguerre, d’un côté, des étudiants furieux lancent pierres et tout ce qu’ils trouvent sur leur chemin, d’un autre, des Agents de la Police nationale, armés comme il faut, rétorquent en gazant. A chacun leur tour.

A chaque coup, chacun des deux camps disperse les groupuscules de lanceurs de pierres et spectateurs assistant à ce numéro, avec passion et prudence. Dans l’air, l’odeur du gaz lacrymogène se fait sentir de temps à autres. Et comme elle, l’adrénaline est présente.

« C’est la faute aux dirigeants, tout ça. Ils savaient bien que les étudiants n’allaient jamais tolérer la présence de policiers à l’intérieur de la Faculté », lance un spectateur, ajoutant sans sourciller que « s’ils [les dirigeants] ont besoin de déployer des agents de forces de l’ordre dans des espaces où il existe de vrais bandits, ils peuvent aller le faire à Grand-Ravine ».

 

Pour cet autre jeune homme, « même si les étudiants de la FASCH sont parfois turbulents », c’est juste qu’ils utilisent les moyens du bord pour faire valoir leurs droits de revendiquer de meilleures conditions d’études « et faire entendre leur voix ».

Pourtant l’on ne s’attendait pas à ce scenario d’affrontement aux bords de cette entité de l’Université d’Etat d’Haiti (UEH), du moins pas cet après-midi. Moins de 48 heures après que les agents du CIMO aient été remarqués dans l’enceinte de la FASCH, le journaliste du Nouvelliste Robenson Geffrard annonce sur son compte Twitter : « BREAKING NEWS : La Police va à l’instant retirer ses agents au sein de la Faculté des Sciences Humaines, mais reste disponible à intervenir pour permettre la reprise des activités académiques ».

Et quelques minutes plus tard, l’ambiance qui s’offre à nos cameras nous laisse bouche-bée. Du coup, la Fondation Connaissance et Liberté (FOKAL), l’Institut national de gestion et de hautes études internationales (INAGHEI), l’Institut d’Etudes et de recherches africaines (IEHRA) qui se trouvent tout près, sont presqu’inaccessibles. Ceux qui sont obligés de passer par là le font en courant, la tête baissée, les mains sur le crane.

Comment en est-on arrivés là ?

 

Tout remonte au mercredi 27 décembre 2017. Face aux actions d’un "groupuscule d’individus empechant, cela faisait des mois, le fonctionnement de la Faculté des Sciences humaines (FASCH) et de la Faculté d’Ethnologie", le Conseil de l’université d’Etat d’Haiti (CU/UEH) s’est réuni en session extraordinaire en vue de prendre des decisions pour remettre les choses en orbite. A la fin de la séance, une résolution a été adoptée et a sollicité une présence policière au sein de l’insitution pour y garantir.

Tôt dans la matinée du 25 janvier, l’on a constaté la présence de policiers dans l’enceinte de la FASCH, ce qui n’a pas manqué d’irriter certains. On est vendredi 26 et aux alentours de la FASCH ce sont des roches, du gaz et rush !

Affrontement entre policiers et étudiants aux alentours de la FASCH